La sérénité retrouvée sur le terrain n’a visiblement pas gagné les coulisses de l’USM Alger. Alors que l’équipe enchaîne les bons résultats ces dernières semaines, une crise interne couve au sommet du club, opposant deux de ses figures dirigeantes : le président du conseil d’administration Billal Nouioua et le directeur général sportif Saïd Allik.
Entre les deux hommes, la cohabitation semble désormais impossible. Les tensions, longtemps restées en coulisses, ont éclaté au grand jour vendredi dernier. Invité sur les ondes de la radio nationale, le DGS n’a pas mâché ses mots. Sans citer explicitement Bilal Nouioua, il a dressé un portrait à peine voilé, allant jusqu’à évoquer une forme de “trahison” au sein même de la direction. Des déclarations lourdes de sens qui ont immédiatement enflammé l’entourage du club et relancé les spéculations sur une guerre interne.Cette sortie médiatique, perçue comme une véritable bombe, n’est pas restée sans réaction. Selon une source proche du dossier, le groupe Serport, propriétaire du club, a rapidement pris les choses en main. Son P-DG, Riyad Hadjal, a convoqué en urgence les deux responsables pour une réunion de crise. Celle-ci devait se tenir dans les heures suivant la polémique, avec pour objectif principal de faire toute la lumière sur cette affaire.Au cœur des préoccupations de Riyad Hadjal : comprendre les raisons profondes de cette rupture entre Nouioua et Allik. Car au-delà des déclarations publiques, c’est bien le fonctionnement global du club qui semble affecté. Le manque de communication et les divergences de vision entre les deux hommes ont progressivement installé un climat délétère, peu propice à la stabilité d’une institution comme l’USMA.Pour autant, le patron de Serport ne semble pas vouloir trancher dans le vif. Toujours selon la même source, il privilégierait, dans un premier temps, une solution apaisée. L’objectif serait de désamorcer la crise, de rétablir le dialogue et, si possible, de réconcilier les deux dirigeants. Ce qui est quelque part utopique. Une mission délicate au vu de la gravité des accusations et de la tension palpable entre les protagonistes. La rupture entre les deux hommes est largement consommée, on voit mal ce que le P-DG de Serport peut colmater, ni désamorcer quoi ? Allik a déjà ouvert les hostilités allant même remettre en question l’autorité de Serport, en précisant dans son intervention : « J’ai été désigné par monsieur le Ministre de l’Intérieur et des Transports. » Par cette déclaration Allik précise bien qu’il n’a qu’un seul « chef » un seul « interlocuteur » et il le désigne clairement.
Cette situation intervient à un moment charnière pour le club algérois. Sur le plan sportif, les résultats sont encourageants et la dynamique est positive. Mais en interne, cette guerre de pouvoir pourrait rapidement fragiliser l’équilibre du groupe si elle venait à s’enliser. L’histoire récente du football algérien a souvent montré que les conflits en haut lieu finissent par avoir des répercussions sur le terrain.Désormais, tous les regards sont tournés vers l’issue de cette réunion de crise. Parviendra-t-elle à calmer les esprits et à remettre le club sur de bons rails ? Ou marquera-t-elle le début d’une recomposition au sommet de l’USMA ? Une chose est sûre : ce dossier est loin d’avoir livré tous ses secrets et promet encore de nombreux rebondissements. Affaire à suivre…
M. M.
