Pour certains, la présence de Saïd Benrahma parmi les 26 joueurs retenus pour le stage de mars peut refléter un manque d’exigence de la part de Vladimir Petkovic qui a décidé de convoquer un joueur évoluant en deuxième division d’Arabie saoudite. Mais il s’avère que le sélectionneur national préfère s’en tenir à ce qu’il a pu voir de la part de Benrahma lorsqu’il est sous sa coupe. Après, on peut penser que la présence de Youcef Belaïli, qui évolue au même poste, peut signifier que Benrahma ne peut pas dormir sur ses deux oreilles. Explications.
Par Mohamed Touileb
Sous la coupe de Djamel Belmadi, Benrahma n’a jamais pu se montrer à son avantage à l’exception d’une bonne prestation à Dakar contre le Sénégal en amical en septembre 2023. A part ça, l’ancien pensionnaire de Brentford FC et West Ham United n’a jamais eu de match référence avec les Fennecs. Même quand il semblait au top de sa forme en club. Et cela l’a grandement empêché de gagner une véritable place chez l’EN avec Belmadi.
La confiance de Petkovic
Toutefois, depuis que Petkovic a pris les rênes techniques, Benrahma a fait plus d’apparitions constantes (9 apparitions de suite dont 6 comme titulaire) avec El-Khadra jusqu’à devenir l’ailier gauche titulaire en l’absence de Youcef Belaïli. Il a pu planter 3 buts sur cette période. Soit 2 de plus que ce qu’il a pu marquer sur l’ensemble de ses 19 précédentes capes.
Pour autant, Benrahma n’a pas convaincu grand monde. Notamment dans son jeu qui est parfois brouillon et semble peu adapté au style africain. Et cela s’explique aussi par le fait que Belaïli a pu se montrer plus rayonnant et mettre plus d’impact sur le flanc offensif gauche par le passé avec un ADN foot qui reste plus conforme aux exigences du continent.
Belaïli a déjà ses repères
Désormais, les deux joueurs se retrouvent à se disputer le poste d’ailier gauche. Certes, Belaïli donne l’impression d’être plus en forme et le mieux indiqué pour remplir ce rôle avec une capacité à trouver des repères immédiatement puisqu’il connaît déjà la maison. D’ailleurs, ses dernières sélections étaient durant la CAN 2023. Et il était l’un des rares Fennecs qui ont pu tenir leur rang lors du tournoi ponctué par une seconde élimination de suite dès le premier tour. Aussi, on peut penser que son sens du jeu peut lui permettre de combiner facilement avec Amine Gouiri devant même en l’absence de Baghdad Bounedjah avec qui il a toujours eu une entente manifeste.
La concurrence sera bénéfique
Pour ce qui est du rythme, on peut se douter que Belaïli est plus dans le tempo car il joue la Ligue des Champions CAF et enchaîne les matchs avec l’Espérance de Tunis (26 matchs TCC) dans le championnat local qui reste – bien évidemment – d’un niveau technique et physique supérieur à celui de la D2 saoudienne. Maintenant, est-ce que Petkovic va continuer à considérer Benrahma comme recours principal ? Rien n’est moins sûr. Surtout s’il voit que sa forme a baissé. De plus, on peut s’attendre à ce que Belaïli se montre à son avantage durant le regroupement. Ceux qui le voient de plus près disent qu’il est impressionnant lors des entraînements. Et comme Petkovic s’en tient aussi à ce détail pour accorder sa confiance, il se pourrait que Belaïli supplante Benrahma. Somme toute, la concurrence sera là. Et elle ne peut qu’être bénéfique du moment qu’elle reste saine.
M.T.
