L’ES Ben Aknoun est revenu dans la course au maintien à la faveur de sa victoire ô combien précieuse, samedi à domicile face à l’USM Khenchela (3-2), en match comptant pour la 22e journée du championnat. Une réussite très importante pour l’avenir du nouveau promu, qui vient s’ajouter à une qualification en coupe d’Algérie, autant d’événements plus qu’encourageants pour la suite du parcours des Noir et Rouge. En poste à l’Etoile Sportive de Ben Aknoun depuis le 18 octobre dernier, après le départ de Abdennour Bousbia, l’actuel entraîneur en chef de l’Etoile, Billel Dziri (51 ans), que nous avons eu au bout du fil après le match d’avant-hier face à Khenchela, n’est pas moins enchanté de ces performances successives, un tour de force qui ne pouvait mieux tomber, pour une formation qui lutte toujours pour son maintien parmi l’élite. Après avoir pris en main il y a six mois l’ESBA, qui était à la dernière place avec un seul point, (1 nul, 3 défaites), l’ex-entraîneur de l’ESS, du Nasria, du CABBA et du RCA, et ancien meneur de jeu international, semble serein, confiant et surtout déterminé à mener à bien sa mission.
Avec 23 points en championnat, l’ESBA (14e) fait du surplace au classement, néanmoins, s’amoindrit l’écart qui la sépare des équipes qui la précède au classement, et qui ne sont toujours pas à l’abri, à l’image de la JS Kabylie (11e), du NC Magra (12e) et de l’ASO Chlef (13e). Le coup est donc mathématiquement jouable, tant en championnat qu’en coupe, et coach Dziri partage le même avis. Fidèle à ses principes, Billel dit tout sans filtre, fin connaisseur de ce sport-roi dont il avait porté la couronne lui-même, converser avec lui est un vrai régal… Ecoutons-le.
Entretien réalisé par Nasser Souidi

Les bons résultats se suivent, coach, est-ce là le déclic tant attendu à Ben Aknoun ?
Cette qualification, elle nous a mis en confiance, c’est le moins que l’on puisse dire. On a enchaîné avec quatre victoires consécutives en coupe… après, il y a eu la défaite contre le Mouloudia… un match nul contre le Paradou, et après, la qualification en quart de finale face à Jijel. Maintenant, il y a eu le match contre Khenchela, que nous avons bien préparé, avec au bout les trois points qui nous mettent dans un meilleur état d’esprit pour la suite du parcours.
Dans l’ensemble, êtes-vous satisfait du rendement des joueurs face à Khenchela ?
Tout d’abord, il ne faut pas oublier que c’est le cinquième match qu’on joue en plein Ramadhan. Face à Khenchela… il y avait une chaleur insupportable, pour vous dire que ce n’était vraiment pas facile, avec le jeûne et tout. C’est tellement incroyable de voir les garçons se défoncer dans ces conditions climatiques exceptionnelles. Mais on a fait ce qu’il fallait et on a arraché les trois points, qui nous permettront de rester dans la course au maintien.
Quels ont été les points forts de l’équipe dans ce match ?
On a mérité cette victoire, on pouvait marquer plus de trois buts… mais, toujours est-il qu’à trois à un, ils ont marqué dans le temps mort le deuxième but. Mais on a réussi à préserver le score et garder les trois points. Les joueurs étaient bien en place, c’est le plus important, surtout sur le plan comptable. Dès lors qu’on prend les trois points, pour nous c’est mission accomplie. Khenchela n’avait pas gagné dans ses trois derniers matchs. Ils ont fait match nul à domicile contre le MCO, perdu contre le Mouloudia en coupe. On attendait de voir leur réaction. Ils sont venus à Alger pour un résultat positif, mais nous, on était aussi là pour gagner ce match. Et puis, notre détermination a été la plus forte, j’en suis vraiment ravi.
Vous n’avez pas été gêné par les absences ?
Quand on a des blessés et des suspendus, il faut faire tourner l’effectif. A quoi sert donc d’avoir un groupe ? Sur ce plan-là, je pense qu’on s’en est bien sorti, on a les joueurs qu’il faut pour ça, on les a bien utilisés, c’est l’essentiel. Dire que cela m’a gêné ou pas, je ne sais pas, pour moi l’essentiel c’est que j’ai à ma disposition des joueurs capables de mettre sur le terrain toutes mes exigences, c’est ça. Après, plus on a le choix et plus on est satisfait c’est clair.
On peut dire que l’équipe évoluera désormais avec moins de pression, n’est-ce pas ?
Vous savez, il n’y a pas un match où il n’y a pas de pression, ou de stress. C’est ça le football. Après, il faut se donner à cent pour cent, il nous reste des matchs très importants qu’on doit bien négocier. Il faut garder les pieds sur terre et faire le maximum pour consolider encore plus notre capital points, et s’éloigner encore plus de la zone des relégables.
Ben Aknoun a connu un début de saison difficile, un nouveau promu sur qui personne n’a misé. Qu’est-ce qui vous a motivé à prendre l’équipe malgré cette dure mission ?
Quand on a pris le club, il n’avait qu’un seul point. Maintenant, on est à vingt points. Désormais, notre objectif c’est de faire le plein, si on veut rester en Ligue 1. C’est vrai, quand on accepte une telle mission, c’est toujours difficile. Les gens autour de moi ont été surpris que j’accepte ce challenge… certains m’ont même dit que j’étais fou. Il y a même des présidents de club qui ont tenté de m’en dissuader. Mais moi… j’ai mûrement réfléchi de mon côté et j’ai pris l’équipe. Il nous reste huit matchs et vingt-quatre points en jeu, il faut gagner le maximum de points pour espérer rester en Ligue 1.
Vous avez joué et entraîné dans différents clubs, comment trouvez-vous l’engouement du public à Ben Aknoun ?
C’est un club qui découvre l’élite, on ne parle pas ici d’un club avec un grand public, mais toujours est-il qu’il faut constamment motiver les joueurs. C’est un club sympa, franchement, c’est comme une famille. L’ambiance est plutôt familiale, sur le plan sociométrique c’est très important. Ici tu joues pour un groupe, pour des personnes qui te sont proches, tu mouilles le maillot pour eux. Actuellement, on est tous concentrés sur le même objectif, celui du maintien. Je pense que c’est ce qui fait la force de ce club.
Jusqu’à maintenant, êtes-vous satisfait des conditions de travail ?
Ce que je peux dire, c’est qu’au moins, on peut travailler convenablement, et le club a les moyens, pédagogiques et tout… le club est stable, on est tranquilles, on nous laisse travailler…
Vous affronter le CSC en quart de finale, le 13 avril, comment se présente ce duel ?
C’est un match à élimination directe, c’est la coupe d’Algérie. Le moindre faux pas sera fatal, alors, on va jouer à fond face à Constantine.
Si tout se passe bien en fin de saison, reverra-t-on Dziri Bilel sur le banc de l’Etoile lors du prochain exercice ?
On n’en est pas là… on n’en est pas là. Nous, on a une mission, c’est de faire en sorte que l’équipe engendre le plus de points possible, pour qu’elle soit là l’année prochaine.
C’est vraiment aimable à vous, monsieur Dziri, merci d’être toujours disponible…
Merci à vous, mes salutations à toute l’équipe… Djamel, Mustapha… et tout l’effectif d’Info Sport. Merci aussi pour le beau travail que vous faites.
N. S.
