Quelques jours après la fin de la saison, où une grosse déception a été engendrée par l’objectif manqué, le président du CSA/MOB, Djamel Boukhiba, a bien voulu revenir sur la saison écoulée, et son parcours à la tête du club.
Par Djamel Sahli
C’est ainsi qu’il a tenu à évoquer plusieurs questions dont l’objectif manqué, la déception, sa démission, les accusations des supporters mais aussi le parcours de l’équipe. D’emblée, le boss du MOB dira : « L’objectif manqué est une incompréhension totale, une désillusion brutale difficile à accepter, même plusieurs jours après. La douleur est à la hauteur des sacrifices consentis. Nous avons vécu cela comme une immense déception, après tant de sacrifices, tant de combats, tant de moments de doute, de hauts et de bas, après une saison menée avec une détermination sans faille, une rigueur et une ambition permanentes, voir cet objectif nous échapper au tout dernier instant est une blessure profonde. »
« C’est un scénario difficile à expliquer »
A propos des raisons de ce ratage, le président Boukhiba répond : « Personne ne peut expliquer ce ratage avec certitude. Un scénario difficile à comprendre tant il semblait à notre portée. Mais dans le football, certaines vérités échappent parfois à toute logique rationnelle. Nous pouvons néanmoins soulever plusieurs hypothèses d’ordre technique, tactique et mental, sans chercher à désigner un seul responsable. Nous avons tous failli, à différents niveaux, que ce soit dirigeants ou joueurs. Après tout, chacun doit avoir l’honnêteté de faire son autocritique. Jouer un adversaire dos au mur, qui lutte pour sa vie sportive, n’est jamais simple. Ce sont souvent les matchs les plus compliqués, les plus fermés, les plus tendus émotionnellement. »
« Dire que nous avons vendu le match fait mal »
Répondant aux accusations de quelques supporters qui accusent les dirigeants d’avoir cédé en fin de la saison, Boukhiba répondra : « Les supporters se posent la question si nous avons vendu le match. Je ne vous cache pas que je ressens encore un frisson douloureux, une blessure morale profonde, presque une déchirure intérieure en prononçant cette phrase. Il faut comprendre qui je suis. Je ne suis pas seulement un président du MOB. Je suis un chauvin, un supporter avant tout. Quand j’ai été élu président en novembre 2022, j’avais seulement 29 ans. À cet âge-là, beaucoup auraient hésité devant une telle responsabilité. Moi, j’ai accepté ce défi dans un contexte sans grande expérience dans le football. Peut-être que je n’avais pas toute l’expérience, oui… mais j’avais quelque chose de plus fort : une ambition immense, une détermination sans limite et un amour profond pour le MOB. »
« Nous avons relevé le défi malgré les différentes contraintes sur le terrain »
Evoquant ces accusations, le président du MOB a tenu à répondre en estimant qu’ils ont tenu à relever beaucoup de défis malgré les contraintes sur le terrain. « Et cette saison 2025–2026 ? Malgré toutes les alertes financières, malgré les difficultés, malgré les interviews et les prises de parole où nous disions ouvertement qu’atteindre une nouvelle accession serait extrêmement difficile, nous avons continué à nous battre. Avec mon équipe dirigeante, nous nous sommes encore engloutis dans les dettes, encore une fois, pour tenter d’offrir un rêve au MOB et à ses supporters. A seulement 90 minutes d’une gloire historique, je ne peux pas permettre de vendre mon âme au diable. Jamais !.Je réponds aujourd’hui à cette question avec la chair de poule et les larmes aux yeux, parce qu’après tant de sacrifices, sortir avec une telle accusation est une douleur indescriptible. Car dans la vie comme dans le football, les rumeurs font du bruit, mais l’histoire finit toujours par rendre justice à ceux qui ont sincèrement donné leur âme pour une cause. »
« Ma décision de démission est irrévocable »
A la question concernant sa démission qu’il a annoncée, le président Djamal Boukhiba dira : « Je suis un homme qui assume ses responsabilités. Et avec le recul, la logique aurait peut-être voulu que je maintienne ma décision initiale de me retirer dès le début de cette saison. Pourquoi ? Parce que nous n’avions pas obtenu toutes les garanties nécessaires notamment financières et structurelles, pour bâtir un projet capable de jouer une accession dans la sérénité.Cette fin de saison, cette immense désillusion, ce match nul si cruel qui nous prive des play-offs, ont laissé une blessure profonde. Une douleur difficile à décrire, parce qu’elle arrive après tant de sacrifices humains, financiers, familiaux et émotionnels. Je pars donc avec un mélange de tristesse, de douleur, mais aussi de dignité. Pas avec un sentiment d’échec total, car malgré tout, nous avons redonné de l’espoir, ramené les supporters au stade, rendu au club une ambition qu’il avait peut-être perdue pendant un temps, et vécu ensemble des émotions fortes.Je ne quitte pas le MOB par manque d’amour. Je pars justement parce que je l’aime profondément. Parfois, aimer un club, c’est aussi savoir reconnaître que peut-être un nouveau souffle, une nouvelle énergie ou une nouvelle vision sont nécessaires.C’est une décision mûrement, longuement et sagement réfléchie. Ce n’est ni une réaction à chaud, ni une décision prise sous l’effet de la colère, de la déception ou de l’émotion du moment.Nous avions un objectif ambitieux, nous ne l’avons pas atteint, et dans ma conception des responsabilités, il faut savoir assumer les conséquences avec dignité. Alors oui, sauf retournement totalement exceptionnel, ma décision est aujourd’hui définitive. Mais je veux être clair sur une chose : on peut quitter une mission, jamais un amour. Le MOB restera à jamais une partie de moi, de mon histoire et de mon cœur. »
« Les divergences existent dans tous les clubs »
A propos des divergences constatées au sein du CSA/MOB ces dernières saison, Boukhiba répondra : « Je pense qu’il faut aborder cette question avec beaucoup de lucidité et d’honnêteté. D’abord, dans toute institution, surtout dans un club aussi passionnel que le MOB, il est normal qu’il puisse y avoir des divergences de vision, des moments de fatigue, de pression ou des sensibilités différentes. Tout le monde ne réagit pas de la même manière face à cette intensité. Certains résistent davantage à la pression, aux critiques, aux tensions ou à ce que j’appelle parfois les “bâtons dans les roues” et les tentatives de manipulation ; d’autres, à juste titre, préfèrent prendre du recul pour préserver leur sérénité. Concernant le retrait de Natouri et Hamour, je tiens à être très clair : il ne faut surtout pas interpréter leur retrait comme une rupture ou un abandon. Bien au contraire. Avec toute la sagesse, l’expérience et la hauteur de vue qui les caractérisent, ils ont choisi de prendre un peu de distance sur certains aspects visibles du quotidien. Mais dans les faits, ils ont continué à être d’une aide précieuse, presque quotidienne. Donc je préfère parler de réorganisation, de prise de recul ou de choix personnels, plutôt que de fractures profondes. Oui, il y a eu des départs, oui, il y a eu des divergences parfois comme dans toute structure humaine mais je refuse qu’on réduise cela à une guerre interne ou à un climat de division permanente. »
« Je ne regrette pas mon passage au MOB »
Enfin, évoquant son passage à la tête du CSA/MOB, Boukhiba a estimé qu’il n’a pas regretté sa venue au club en déclarant : « J’ai passé 42 mois de sacrifices personnels et collectifs. C’est une aventure humaine intense, parfois magnifique, parfois douloureuse, mais toujours vécue avec sincérité et passion.Je suis arrivé comme un jeune président amoureux de son club, avec beaucoup d’ambition, j’ai tout donné. Mais une chose est sûre : nous avons essayé, nous nous sommes battus, nous avons affronté les tempêtes sans jamais fuir nos responsabilités.Mais si je dois retenir une seule chose au-dessus de tout, c’est l’amour. Je tiens à remercier les membres dirigeants qui ont travaillé à mes côtés, qui ont souffert, travaillé, sacrifié parfois dans l’ombre sans reconnaissance. Merci aux joueurs, au staff, aux bénévoles, aux amoureux du club, à tous ceux qui ont donné une part d’eux-mêmes pour le MOB.Parce qu’au fond, je pars avec une seule vérité dans le cœur : j’ai aimé ce club avec sincérité. »
D. S.
