17 avril 2026

Bouziane brise le silence et répond aux accusations des supporters

Le rideau est tombé sur une saison pleine d’espoirs déçus pour l’USM El Harrach. Après avoir échoué de justesse dans la course à l’accession, la frustration est palpable dans les rangs du club harrachi. Mais au-delà de la déception sportive, c’est une fracture profonde entre les joueurs et une partie des supporters, qui est apparue au grand jour à l’issue de la dernière rencontre contre l’IB Khemis El Khechna. Une fracture symbolisée par un échange tendu, mais sincère, entre le défenseur central Lahcen Bouziane et plusieurs fans venus exprimer leur colère.

Un échange direct et chargé d’émotion

À la fin de la rencontre, alors que les tribunes se vidaient lentement, Lahcen Bouziane est resté longuement sur la pelouse, visiblement affecté. Confronté à un groupe de supporters remontés contre les joueurs, il n’a pas esquivé le dialogue. Très critiqués pour leur prétendue passivité et leur manque d’ambition lors des derniers matchs décisifs, les joueurs de l’USMH ont été accusés par certains fidèles du club de s’être «rempli les poches» sans se battre pour l’accession. Touché personnellement par ces accusations, Bouziane a décidé de ne pas se taire. Dans un moment d’émotion, il a fait une révélation qui a laissé les supporters stupéfaits : «Moi personnellement, je n’ai pas touché un seul dinar depuis six mois». Une déclaration forte, qui en dit long sur les difficultés internes que traverse le club.

Le cri du cœur d’un joueur engagé

Pour Bouziane, ces accusations d’enrichissement facile sont non seulement injustes, mais aussi profondément blessantes. «Vous croyez qu’on joue sans ambition ? Vous croyez que ça nous fait plaisir de rater la montée ?», a-t-il lancé aux supporters. Dans son discours, le défenseur central a tenu à rappeler que lui et plusieurs de ses coéquipiers ont continué à s’entraîner et à jouer malgré les retards de paiement, les conditions de travail difficiles et une pression constante. Ce cri du cœur a touché plusieurs fans présents, certains reconnaissant que leur colère était peut-être mal dirigée. «Ce n’est pas à toi qu’on en veut, Lahcen», aurait dit l’un d’eux, la voix tremblante. Mais le malaise demeure : comment un club aussi prestigieux que l’USMH peut-il prétendre retrouver l’élite quand ses propres joueurs ne perçoivent pas leurs salaires pendant plus d’une demi-saison ?

Un symptôme d’une crise plus profonde

Le cas de Bouziane n’est malheureusement pas isolé. À El Harrach, comme dans beaucoup d’autres clubs algériens, les difficultés financières minent la stabilité et la performance des équipes. Les dirigeants peinent à tenir leurs engagements, les joueurs se sentent abandonnés, et les supporters finissent par perdre patience. L’intervention de Bouziane met en lumière l’envers du décor. Derrière les résultats, derrière les critiques, se cachent des sacrifices, de la frustration et une grande solitude pour ceux qui portent le maillot chaque week-end. Ce genre de moment, rare dans le football professionnel, mérite d’être entendu, et surtout pris au sérieux.

Il ne compte pas poursuivre l’aventure

Lahcen Bouziane n’a pas encore officialisé son avenir. Rester ou partir ? La question se pose avec acuité. Avec la perspective d’une saignée estivale déjà évoquée après le départ annoncé de Bilel Bensaha, la direction devra rapidement se pencher sur le cas de ses cadres, à commencer par ce défenseur loyal et impliqué. Mais plus encore que les choix individuels, c’est une refondation en profondeur qui s’impose à El Harrach. Le dialogue avec les supporters, comme celui initié par Bouziane, pourrait être la première pierre d’un renouveau fondé sur la transparence, la reconnaissance des efforts, et le respect mutuel. Car malgré les tensions, une vérité subsiste. Les joueurs et les supporters veulent la même chose. Voir l’USMH retrouver sa place au sommet. Encore faut-il que le club, dans son ensemble, retrouve le sens de l’engagement et de l’unité.

M. A-M.

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