Le niveau affiché par la boxe algérienne devient de plus en plus préoccupant, d’autant que les compétitions auxquelles les boxeurs algériens ont pris part jusqu’à présent ne figurent pas parmi les plus relevées, pour ne pas dire qu’elles sont de second rang. Cette inquiétude ne découle pas uniquement des résultats enregistrés, mais surtout du niveau technique affiché par les boxeurs et de l’absence de progression perceptible dans leurs prestations.
Par Azzeddine Aggoune
Il est également frappant de constater le recours à un grand nombre de boxeurs, sans qu’aucun ne soit durablement installé au sein de l’équipe nationale. Une simple vérification du nombre de boxeurs convoqués lors des différents stages et regroupements, ainsi que des listes des participants aux compétitions internationales, suffit pour s’en convaincre.
Cette manière de procéder traduit non seulement une improvisation managériale, mais aussi une absence de vision stratégique et de planification, sans parler d’une gestion discutable, tant sur le plan technique que financier.
À deux ans des Jeux olympiques de Los Angeles 2028 et à moins d’une année du début des tournois qualificatifs, les responsables techniques et la Fédération algérienne de boxe donnent l’image d’une gestion approximative des équipes nationales. La preuve la plus évidente est l’incapacité de la Fédération algérienne de boxe à arrêter, à ce jour, la composition définitive de ses équipes olympiques.
Ils ont d’abord créé une équipe nationale espoirs, dotée de son propre staff technique, avant de la geler quelques mois plus tard et de réaffecter son encadrement aux équipes nationales seniors, féminine et masculine.
Plus préoccupant encore, alors que les quatorze catégories olympiques (sept chez les femmes et sept chez les hommes) sont connues depuis longtemps, les équipes nationales n’ont toujours pas été en mesure d’établir une hiérarchie claire, avec des titulaires et des doublures identifiés dans chaque catégorie. La confusion est telle que deux boxeurs, ou deux boxeuses, sont parfois convoqués dans une même catégorie de poids pour participer à des tournois internationaux, illustrant l’absence d’une véritable politique de sélection.
Par ailleurs, la Fédération algérienne de boxe, à travers ses structures techniques, ferme les yeux sur le non-respect des critères de sélection, notamment l’obligation de détenir un titre de champion d’Algérie. Plus grave encore, certains boxeurs convoqués en équipe nationale n’ont même jamais participé à un championnat d’Algérie élite.
Ces tâtonnements et ces dérives fragilisent davantage la boxe algérienne et compromettent sérieusement sa préparation aux grandes échéances internationales.
Les Jeux méditerranéens constitueront un premier test grandeur nature. Au vu des signaux actuels, les perspectives ne s’annoncent guère prometteuses.
- A.A.
