Le nul concédé à domicile face à la JSM Tiaret a profondément irrité Karim Brahem-Chaouch, qui n’a pas hésité à remettre en cause l’attitude de ses joueurs. Pour le manager général, ce faux pas est avant tout la conséquence d’un relâchement et d’un manque d’implication dans un match largement maîtrisable.
Par Mehdi Allel
Brahem-Chaouch estime que le RCK répète un cycle devenu insupportable. Après la victoire à Tlemcen, il attendait une confirmation logique à domicile, mais l’équipe est retombée dans ses travers. «On fait du surplace. Ramener trois points en déplacement et ne pas confirmer chez nous n’a plus de sens», dit-il, très agacé. Selon lui, cette contre-performance n’a rien d’un accident et ne dépend ni de la tactique ni du plan de jeu. La responsabilité incombe entièrement aux joueurs. «Je ne suis pas quelqu’un qui accuse, mais ce résultat leur appartient complètement.»
« Ils sont tombés dans la facilité »
Le manager koubéen déplore surtout l’attitude de ses joueurs après l’ouverture du score. Le but rapide devait permettre au RCK de dérouler, mais l’équipe est soudain tombée dans un confort inexplicable. «On marque tôt et ensuite on se relâche totalement», regrette-t-il. Le but encaissé l’a choqué, construit sur une succession de passes simples sans aucune intervention. «Une-deux, une-deux depuis le milieu du terrain jusqu’au but… je n’ai jamais vu ça», ajoute-t-il, abasourdi. Pour lui, ce relâchement ne peut pas être pardonné après une semaine d’entraînement et une préparation sérieuse.
« Ce nul, je ne peux pas l’expliquer »
Brahem-Chaouch admet pouvoir accepter certains nuls lorsqu’ils sont arrachés dans des contextes particuliers ou contre un adversaire solide, mais certainement pas celui-là. «Je peux comprendre le nul dramatique contre le NAHD, ou celui face à l’USMH malgré notre domination. Mais ce nul, je ne peux pas l’expliquer.» Il insiste sur le fait que la JSMT n’a jamais été supérieure. «Avec tout mon respect, c’est une équipe moyenne qui n’a pas réussi son début de saison. Elle ne nous a pas mis en difficulté.»
« L’accession exige une mentalité de guerrier »
Pour Brahem-Chaouch, ce match révèle un problème de mentalité. Le RCK doit afficher plus de caractère, surtout à Benhaddad. «Ces joueurs doivent devenir responsables. L’accession se gagne avec une mentalité de guerrier», dit-il avec une certaine amertume. Il reconnaît que les nombreuses absences, Haddad, Belhamel, Bougoursa, Sabouni, Boukhenchouche, sans oublier Chera, suspendu, ont pesé, mais refuse d’y voir une excuse valable. Le groupe, affirme-t-il, permet une concurrence réelle. «Chacun peut être titulaire. Celui qui n’apporte rien doit en assumer les conséquences.» Il évoque également une fragilité mentale à domicile. «À Benhaddad, certains jouent avec la peur alors que les supporters les encouragent dès le coup d’envoi. Leur colère après un nul est normale.»
« Au mercato, il y aura un autre discours »
Brahem-Chaouch annonce que des décisions fortes seront prises lors du prochain mercato. Trois matchs restent à jouer avant la trêve, trois rencontres qui permettront d’évaluer définitivement l’ensemble de l’effectif. Il considère que des renforts sont indispensables, notamment dans le secteur offensif où le manque de réalisme pèse lourd depuis plusieurs semaines. Il explique que plusieurs postes seront étudiés avec attention et que seule une poignée de joueurs pourra se considérer comme réellement sécurisée. Les éléments qui n’ont pas su élever leur niveau ou maintenir une régularité seront poussés vers la sortie afin de laisser place à des profils capables d’assumer la pression, de jouer libérés et d’aider l’équipe dans les moments clés. «Il reste trois matchs jusqu’au mercato. D’ici là, il y aura un autre discours. On va bien sûr renforcer l’équipe.» Brahem-Chaouch estime que le groupe doit être resserré autour de joueurs fiables, déterminés et prêts à répondre à l’exigence d’une seconde partie de saison décisive. Les trois prochains matchs seront déterminants pour le RCK, autant sportivement qu’humainement. Le manager général koubéen attend une réaction nette et immédiate. Les joueurs ont désormais la responsabilité de prouver qu’ils méritent de rester. La trêve approche, et les choix à venir dépendront uniquement de leurs actes sur le terrain.
M. A.
