Le Nasr Athlétique de Hussein Dey est à la croisée des chemins, et pourtant, le temps semble s’être figé. Depuis l’annonce de la démission du président du CSA/NAHD, Yacine Hanied, lors de la dernière Assemblée Générale Ordinaire (AGO), le navire « Sang et Or » est à vau l’eau, la situation est plus que préoccupante. Alors que l’urgence de la restructuration devient une priorité absolue, aucune fumée blanche ne semble vouloir sortir du quartier général du club. La situation est au statu quo, et derrière le silence, c’est toute la problématique de la gouvernance à Hussein-Dey qui se joue.
Par Omar Yahiaoui
Il y a quelques semaines, l’espoir d’une sortie de crise avait pointé le bout de son nez lorsque des proches du club ont pris langue avec Meziane Ighil. L’ancien président et ex-international, figure emblématique du football national, semblait être l’homme providentiel pour redresser la barre. Cependant, depuis ces premiers contacts, le dossier stagne.
Meziane Ighil a été clair, presque prémonitoire : il ne s’engagera pas seul dans cette galère. Pour lui, la gestion du NAHD ne peut être le projet d’un seul homme, aussi charismatique soit-il. Il a posé ses conditions, exigeant une adhésion totale des « bonnes volontés » d’Hussein-Dey. C’est dans cette optique de consensus que des rencontres avec d’autres anciens dirigeants étaient prévus, mais la concrétisation de ce rassemblement peine à voir le jour, laissant Ighil dans une position d’attente prudente.
Le soutien de Kamel Saoudi, mais sans les projecteurs
Parmi les figures sollicitées pour bâtir ce consensus, le très controversé Kamel Saoudi, a joué un rôle clé. Contacté par les émissaires mandatés pour porter la candidature d’Ighil, l’ancien dirigeant n’a pas fait la sourde oreille. Il a soutenu l’initiative, reconnaissant en Ighil un profil capable de donner une nouvelle impulsion au club. Toutefois, Kamel Saoudi a tracé une ligne rouge très claire : son aide sera financière, mais elle ne sera pas opérationnelle. « Je ne veux plus être au-devant de la scène », a-t-il déclaré en substance à ses interlocuteurs. Un refus poli mais ferme de reprendre des fonctions officielles. Si Saoudi est prêt à mettre la main à la poche pour aider le club qu’il porte dans son cœur, il refuse de s’exposer à nouveau, lui qui est en disgrâce avec le large public Sang et Or. Au moment où d’aucuns parmi les observateurs se demandent encore comment il peut aider financièrement ?
Le nœud Bouderouya
C’est sans doute là que réside le cœur du problème. Le plan imaginé par Meziane Ighil est pourtant structuré : il souhaite se placer en tant que président d’honneur, fort de son expérience et de ses conseils, pour laisser les rênes à un président effectif disposant de toutes les prérogatives. Dans ce schéma, c’est le nom de Bouderouya qui revient avec insistance. Mais convaincre Bouderouya de reprendre le flambeau s’avère être une tâche herculéenne. L’intéressé garde un souvenir douloureux des deux dernières saisons, marquées par une pression populaire quasi insoutenable. Victime d’une hostilité exacerbée de la part d’une frange des supporters, Bouderouya est aujourd’hui réticent, voire réfractaire, à l’idée de replonger dans ce chaudron. Il ne veut plus vivre ces moments de tension, conscient que la sérénité est le premier ingrédient indispensable à toute réussite sportive.
Une urgence qui ne souffre plus d’attente
Le constat est amer : le NAHD est otage de ses propres traumatismes. D’un côté, une figure comme Ighil qui réclame un consensus fort ; de l’autre, des anciens dirigeants qui soutiennent mais se retirent de la ligne de front ; et enfin, des profils capables de gérer le club mais traumatisés par le climat social autour de l’équipe.
Alors que la nouvelle saison se profile, cet immobilismeest dangereux. Le club a besoin de dirigeants charismatiques, des hommes intègres, dévoués, comme il a besoin de sérénité et de capitaux. La question qui se pose aujourd’hui à Hussein-Dey est simple : qui aura le courage de dépasser les rancœurs passées et la peur de la pression pour redonner au Nasria son lustre d’antan ? En attendant une réponse, c’est le club qui perd un temps précieux.
O. Y.
