La CAN 2025, abritée par le Maroc du 21 décembre au 18 janvier et qui a consacrée le Sénégal, se voulait être un événement grandiose qui promeut le développement de l’Afrique et son football. Des infrastructures modernes et une organisation aux standards mondiaux, sauf que les vieilles pratiques et la magouille ont éclaté au grand jour et aux yeux de tous. Et cela a un impact direct sur les relations internes. Les divergences et le ras-le-bol sont désormais palpables et l’équilibre des forces risque d’être bousculé.
Par Mohamed Touileb
Fouzi Lekjaâ a longtemps fait sa loi dans les couloirs de la CAF. La CAN 2025 l’a vu atteindre le climax de ses agitations au sein de la structure confédérale où il se prétend intouchable et omnipotent avec l’appui des plus hauts placés des dirigeants, à l’image de Patrice Motsepe qui semble lui dire « amen » à tout.
Le Maroc couvé par Infantino
En outre, il y a cette proximité que Gianni Infantino, président de la FIFA, a développé, pour ses intérêts, avec le Maroc qui sera parmi les trois pays organisateurs de la Coupe du Monde 2026 en compagnie de l’Espagne et le Portugal. A vrai dire, c’est Infantino qui a la main sur la CAF depuis 4 ou 5 ans. Et cela se voit de plus en plus. En effet, on a vu le patron de la FIFA sur le point de célébrer le penalty de Brahim Diaz en finale de la CAN 2025 face au Sénégal.
Malheureusement, le successeur de Sepp Blatter a dû manger sa frustration aux côtés de Rachid ben El-Hassan Alaoui, frère cadet du roi Mohamed VI dans la loge. Cette partialité de l’ancien Secrétaire général de l’UEFA étaye naturellement l’hypothèse d’une mainmise des Marocains sur la CAF que la FIFA a littéralement annexée en termes de gouvernance. Tout est sous caution.
Le clash Lekjaâ – Gusau
Si certains ferment les yeux sur ces pratiques scabreuses, d’autres en ont marre. D’ailleurs, le Nigeria, qui a été sorti par le Maroc en demi-finale de la CAN 2025, a vu le président de sa fédération (NFF), Ibrahim Musa Gusau, dire les quatre vérités à Fouzi Lekjaâ lors de la réunion du Comité exécutif de la CAF, tenue à la veille de la finale. L’échange était tellement violent que les deux hommes ont failli en venir aux mains. Tout a commencé lorsque Gusau s’est adressé à Patrice Motsepe, président de la CAF, pour relever certaines défaillances. Notamment l’arbitrage qui n’a pas été à la hauteur dans ce tournoi et qui a fait l’objet de nombreuses contestations. Lekjaâ, se prenant pour le boss, a outrepassé ses prérogatives. Et il n’a pas manqué d’insulter le Nigérian en citant sa maman. C’est pour dire la violence de l’échange sur les plans verbal et physique.
L’Algérie doit se positionner
Après, tout est rentré dans l’ordre suite à l’intervention des autres membres. Toutefois, sur le plan disciplinaire, Lekjaâ devrait être présenté devant le Conseil de discipline de la CAF. Mais bon, on peut se douter qu’il est intouchable sur ce plan. Après, le courage de dire les choses de Gusau est à saluer.
Il pourrait inciter d’autres de ses homologues à se dresser face à la condescendance et le mépris du Maroc qui toise les Africains et les considère comme des faire-valoir dans son accaparation de la CAF et pour nourrir son soft power. Au milieu de ces « soubresauts », l’Algérie et Walid Sadi, patron de la Fédération algérienne de football (FAF), doit se positionner pour mener cette révolte au bout. Seule l’union pourrait inverser le processus.
M. T.
