Le RC Kouba traverse une période faste. Fort de ses trois succès consécutifs contre l’ESMK, le NAHD et le WAT, le Raed semble avoir trouvé son rythme de croisière. Désormais installés dans une dynamique de conquête, les Vert et Blanc se déplacent à Tiaret avec l’ambition ferme de ramener une quatrième victoire.
Par Mehdi Allel
L’étincelle est venue d’El Biar. Ce jour-là, en tenant tête au leader sur ses terres, le groupe de Cherif Hadjar a pris conscience de son immense potentiel. Ce nul fondateur a servi de socle à une remontée spectaculaire au classement. Depuis, la machine s’est emballée. Enchaîner trois victoires de rang dans un championnat aussi serré que la Ligue 2 n’est pas un mince exploit, et la manière dont le Raed a disposé du WA Tlemcen vendredi dernier à Benhaddad témoigne d’une confiance retrouvée. Le score sans appel de 4-1 illustre une efficacité offensive qui faisait souvent défaut lors de la phase aller. Cependant, le football impose une humilité constante. Si la « passe de trois » a permis de replacer le club à la 4e place avec trois points seulement d’écart avec l’USMH et l’ASMO, le plus dur commence maintenant. Le sprint final est lancé et chaque point pèse désormais le poids de l’or. La prochaine étape, c’est à Tiaret, s’annonce comme le véritable crash-test de cette fin de saison. Affronter la JSMT chez elle est toujours un défi périlleux, d’autant plus que les hommes du Raed devront se passer de leur douzième homme.
Tactiquement, Hadjar a trouvé l’équilibre
L’interdiction de déplacement des supporters oblige les joueurs à puiser dans leurs propres ressources mentales pour compenser l’absence de cette ferveur populaire qui les porte habituellement. Tactiquement, le staff technique semble avoir trouvé l’équilibre idéal. L’équipe en mode guerrier, dégage une sérénité qui libère les attaquants. Pour espérer accrocher ce quatrième succès consécutif, il faudra faire preuve d’un sang-froid total. Gagner à l’extérieur sans soutien populaire demande une discipline de fer et une solidarité de tous les instants. C’est le prix à payer pour s’installer durablement sur le podium et continuer à croire au rêve des play-offs. La pression est là, mais elle semble aujourd’hui être un moteur plutôt qu’un frein pour cette équipe qui refuse d’abdiquer. Le défi est de taille mais l’espoir est immense. Une victoire à Tiaret propulserait définitivement le RCK parmi les favoris naturels à l’accession. Dans cette dernière ligne droite où le moindre faux pas est proscrit, le Raed doit prouver qu’il a l’étoffe et le caractère d’un futur promu.
Lehbiri-Kermiche-Ghazali,le puissant trident du Raed
Le renouveau du RC Kouba porte un nom et c’est son attaque. Porté par un trio de feu, le club a trouvé l’équilibre offensif nécessaire pour briser les verrous les plus solides. Entre l’efficacité de Lehbiri et le travail des ailes, le secteur offensif koubéen est devenu le moteur principal de l’accession.
Le véritable déclic du Raed, cette saison, réside dans l’éclosion d’une ligne d’attaque complémentaire et redoutablement efficace. En pointe, Lehbiri s’est imposé comme l’élément incontournable de ce dispositif. Son récent triplé face au WA Tlemcen n’est pas le fruit du hasard, mais la récompense d’une présence constante dans la zone de vérité. Capable de transformer la moindre demi-occasion en but, il apporte cette sérénité qui manquait cruellement au groupe lors des matchs serrés. Son sens du but permet au bloc équipe de jouer plus haut et de mettre une pression constante sur les défenses adverses. Sur les flancs, le danger est permanent grâce au travail de sape de Kermiche et Ghazali. Ces deux ailiers ne se contentent pas de déborder, ils sont des acteurs majeurs du tableau d’affichage. Kermiche, récompensé par le quatrième but contre le WAT, apporte une profondeur et une percussion essentielles au jeu koubéen. De l’autre côté, Ghazali a prouvé qu’il était l’homme des situations critiques. Lors de la réception de l’ESM Koléa, alors que le doute s’installait et que l’équipe était menée, c’est ce duo qui a renversé la vapeur.
Une mécanique bien huilée
Après l’égalisation de Lehbiri, Ghazali a pris ses responsabilités pour inscrire le but de la délivrance. Cette complicité entre les trois hommes crée un danger multidimensionnel difficile à lire pour l’adversaire. Si une défense se focalise sur Lehbiri, elle libère des espaces pour les montées de Kermiche ou les repiquages de Ghazali. C’est cette force de frappe qui permet aujourd’hui au Raed d’avancer de pied ferme vers ses objectifs. L’animation offensive ne repose plus sur un exploit individuel, mais sur une mécanique bien huilée où chaque pièce joue opère avec précision. Ce trident carbure à plein régime et redonne aux supporters l’espoir de voir leur équipe briller lors des prochaines échéances. Avec un tel potentiel offensif, le staff technique dispose d’une arme fatale pour négocier le sprint final. Si ce trio maintient ce niveau d’exigence et de réalisme, le chemin vers les play-offs semble s’éclaircir de match en match pour un Raed plus ambitieux que jamais.
M.A.
