Après la démission fracassante, mais fortement justifiée, d’Abdelkader Iaïche dans la foulée des violents incidents de Baba Ali, le président Athmane Sahbane s’active pour trouver un successeur. L’ancien entraîneur de l’ES Mostaganem, Moufdi Cherdoud, tiendrait la corde pour prendre les rênes de l’équipe, bien que son profil suscite de vivres réserves à Hussein-Dey.
Par Omar Yahiaoui
Le NAHD n’a pas le temps de gamberger. Secoué par la grave agression perpétrée contre le bus de l’équipe au retour du déplacement face au GCM, le club d’Hussein-Dey doit également gérer une urgence technique majeure. Traumatisé par la tournure dramatique des événements et le climat d’insécurité régnant autour du groupe, l’entraîneur en chef Abdelkader Iaïche a, logiquement, jeté l’éponge, laissant le banc Sang et Or orphelin à un moment critique de la saison.
Face à cette vacance, le président, Athmane Sahbane, a immédiatement pris les choses en main pour parer au plus pressé. Selon des sources proches du dossier, le premier responsable du club a noué des contacts très avancés avec Moufdi Cherdoud. Libre de tout engagement depuis son départ de la barre technique de l’ES Mostaganem, l’entraîneur aurait donné son accord de principe pour relever le défi. Les négociations entre les deux parties ont connu une nette accélération ces dernières heures, et la concrétisation officielle de sa venue devrait intervenir dans les tout prochains jours.
Un club à vau l’eau
Si la direction du NAHD, ou du moins ce qu’il en reste, semble décidée à sceller l’arrivée de Cherdoud, le choix est loin de faire l’unanimité du côté d’Hussein-Dey. Dans les fiefs des fans comme sur les réseaux sociaux, la décision du président Sahbane accueille un scepticisme grandissant. Beaucoup reprochent à Cherdoud son manque d’expérience au plus haut niveau et un vécu jugé trop modeste sur les bancs de touche pour diriger un club de la stature du NAHD, particulièrement dans un contexte social et sportif aussi explosif.
Les expériences passées de Moufdi Cherdoud, marquées par des passages en demi-teinte et une absence de résultats probants dans ses précédents clubs, alimentent les doutes. Pour de nombreux observateurs, le profil ne correspond pas aux exigences d’une équipe en pleine reconstruction psychologique, qui a cruellement besoin d’un patron d’expérience et d’un meneur d’hommes aguerri pour restaurer la sérénité. Mais, le problème que semble occulter le Tout-Hussein Dey, c’est que dans le contexte actuel, quel est cet entraîneur qui pourrait venir dans un club où, ni lui ni ses joueurs ne sont protégés ? Un club à vau l’eau, un club dont l’objectif et l’ambition sont à des années lumières de ses moyens.
Malgré ces fortes réticences populaires, la marge de manœuvre des dirigeants reste extrêmement réduite. Confronté au couperet du temps et à l’obligation de remobiliser un effectif profondément affecté, le bureau dirigeant entend aller au bout de sa démarche. Sans entraîneur principal et avec des échéances capitales en championnat qui se profilent à l’horizon — à commencer par la réception imminente de l’ESM Koléa —, régler la succession d’Iaïche au plus vite est devenu un impératif absolu.
O. Y.
