27 mai 2026

Coulibaly : « L’Algérie avance masquée, comme en 2019 »

L’ancien roc défensif du Mouloudia d’Alger, le Malien Moussa Coulibaly, porte un regard avisé sur cette entame de CAN. Entre l’entrée en lice des Verts face au Soudan et les difficultés de son propre pays, le Mali, l’ex-idole des Chnaoua se livre avec lucidité.

Pour Moussa Coulibaly, le manque d’étiquette de grandissime favori pour l’Algérie cette année est une bénédiction. Il y voit un parallèle frappant avec l’histoire récente : «L’Algérie ne fait pas partie des favoris de cette édition selon les observateurs, mais c’est justement là leur force. Cette équipe me rappelle énormément celle de 2019. À l’époque, personne ne les attendait sur le trône au début du tournoi.» L’ancien défenseur insiste sur la méthode de travail sereine : «J’aime ce que je vois, un groupe qui travaille dans le silence, loin du bruit médiatique, tout en restant concentré sur l’essentiel. En football, le silence est souvent synonyme de grande détermination. Je reste convaincu que l’Algérie aura son mot à dire et ira très loin. Le match contre le Soudan sera le premier signal envoyé à la concurrence. On y verra un aperçu de leur solidité.» Interrogé sur le match nul décevant du Mali face à la Zambie (1-1), Coulibaly, en fin connaisseur du poste, n’a pas mâché ses mots sur les lacunes de sa sélection : «Le vrai problème du Mali aujourd’hui, c’est sa défense. C’est frustrant, car on avait le match en main. On aurait pu plier la rencontre et se mettre à l’abri, mais les Zambiens ont parfaitement exploité la fébrilité de notre axe central pour égaliser.» Il pointe du doigt un manque de rigueur qui pourrait coûter cher pour la suite de la compétition : «On s’est compliqué l’existence tout seul. À ce niveau, la moindre erreur de concentration se paie cash. J’espère que le staff saura rectifier le tir rapidement, car j’ai le même souhait pour mes deux pays de cœur. Je veux voir le Mali et l’Algérie aller le plus loin possible dans cette CAN.» L’expertise d’un ancien Mouloudéen, celui qui a marqué l’histoire du MCA par sa combativité conclut en rappelant que le mental sera la clé : «La CAN est une compétition d’hommes. Le talent ne suffit pas, il faut de la cohésion et de la résilience. L’Algérie a ce vécu, le Mali doit encore l’apprendre au niveau défensif.» Au final, ce qui fera la différence dans cette CAN, ce n’est pas seulement le talent individuel, mais la capacité à rester concentré et soudé. «L’Algérie avance masquée, exactement comme en 2019», et c’est peut-être cette discrétion stratégique qui lui permettra de surprendre tout le monde. Le Soudan ne sera que le premier révélateur de sa force réelle.

M. A.

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