25 mai 2026

Du palliatif pour soigner le dramatique

La tragédie, enregistrée en marge du sacre du MC Alger le 21 juin dernier, restera certainement dans la mémoire obscure du football algérien. Des blessés (80) et surtout des morts, avec un bilan s’élevant à quatre décès aujourdhui, qui restent sur la conscience. Face à ce dramatique épisode, les Autorités algériennes ont mis en place une Commission d’enquête. Aussi, la Fédération algérienne de football (FAF) a annoncé (dans la précipitation ?) des mesures qui paraissent pour le moins superficielles et légères pour un dossier lourd.

Par Mohamed Touileb

Certes, aucune décision ne fera revenir les morts et les jeunes algériens plein de vie qui sont tombés par-dessus la tribune numéro 11 du stade 5 juillet 162 (Alger) il y a onze jours de ça. Le dernier match du Mouloudia en Ligue 1 Mobilis face au NC Magra a été marqué par ce grave incident et cette barrière des gradins qui n’a pas résisté face à l’effet domino qui a fait tomber une vingtaine de supporters vers les tribunes inférieures.

Des travées gérées de travers

Beaucoup de scénarios ont été établis avec des versions des faits qui diffèrent d’une partie à l’autre. Et c’est normal parce qu’en Algérie, on a appris à se rejeter les fautes sans jamais vraiment assumer les erreurs et voir les manquements en face afin de mettre fin à une gestion d’événements marquée par l’amateurisme et le laisser-aller.

La main n’est pas assez ferme pour manipuler un phénomène qui montre une force de résistance permanente. A priori, la FAF pense que le fait d’avoir moins de monde à gérer et plus d’espace permet d’augmenter la marge de manœuvre et d’erreur. C’est pourquoi l’instance fédérale a pondu une décision à l’issue de la réunion du Bureau fédérale tenue lundi dernier.

Un air de déjà-vu

Elle consiste à « limiter le nombre des supporters présents dans le stade de 25% de la contenance de ce dernier. Aussi, les supporters des différentes équipes sont interdits de déplacements, au moins jusqu’à la fin de la phase ‘’aller‘’ de la saison à venir ainsi qu’un suivi de la préparation des stades et leur homologation pour abriter les rencontres ». Bref, du déjà-vu. Et le déjà-vu engendrera forcément les mêmes résultats sans résoudre les problèmes.

La FAF n’était pas obligée de se précipiter et montrer qu’elle se sent concernée. Une confusion entre vitesse et précipitation. Ce type de dossiers nécessitent l’implication de plusieurs parties. Il faut des sociologues, des psychologues, des spécialistes en sécurité, des boites d’évènementiel qui peuvent aider à fluidifier l’organisation lors des matchs à haute importance. Tout ce beau monde peut se réunir pour sortir avec des décisions qui puissent traiter les problématiques et les résoudre d’une manière radicale et efficace.

Faire fondre la glace entre les Ultras la police

Aussi, les représentants des Ultras, qui comptent des membres assez instruits comme ceux qui nous ont quittés tragiquement (il n’y a pas que des voyous dans les gradins, fait à relever), peuvent apporter leur expérience et être impliqués dans la responsabilisation voire l’organisation. Cela peut créer une proximité qui fera fondre la glace avec les forces de l’ordre qui ne sont pas forcément les bienvenues aux yeux des Ultras.

Peut-être que la présence des policiers en tribune aurait pu éviter que les supporters se retrouvent trop proches de cette maudite barrière qui n’a pas pu supporters le domino humain ayant causé cette tragédie. Mais bon, on ne peut pas faire revenir les regrettés avec des « si ». En revanche, on peut agir pour que ce genre de malheur ne surviennent plus.

M.T.

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