Les individualités ne pouvaient pas tout faire et les insuffisances collectives ont fini par remonter à la surface. L’Algérie A’ n’a pas pu se défaire des Emirats arabes unis en quart de finale de la Coupe Arabe FIFA 2025 (1er – 18 décembre). L’élimination des Verts, tenants du titre, est venue sanctionner l’absence de cohésion ainsi que les limites d’un Madjid Bougherra noyé dans des choix qui n’ont pas toujours étaient logiques.
Par Mohamed Touileb
Les excuses s’imposaient de la part de Bougherra qui sait que ses poulains auraient pu (dû) mieux faire contre les Emiratis. D’autant plus qu’ils tenaient le match par le bon bout après avoir ouvert le score dès le retour des vestiaires grâce à Adil Boulbina, ailier droit pour l’occasion.
Choix incohérents et manque de cohésion
Le pensionnaire d’Al Duhail SC n’était pas utilisé à son poste de prédilection. Et c’était parce que le sélectionneur a préféré mettre Yacine Brahimi dans les meilleures conditions en le lançant sur l’aile gauche. C’était déjà un mauvais choix tout comme celui de mettre Yassine Benzia au cœur du jeu. La mise en place était incohérente. Seul Brahimi était à sa place parmi le trio précité et Boulbina ainsi que Benzia jouaient à contre-nature. Malgré cela, l’ancien sociétaire du Paradou AC a réussi à trouver la faille après plusieurs tentatives.
La qualité individuelle aurait pu sauver Bougherra. Seulement, en face, il y avait un entraîneur qui a su exploiter les faiblesses du plan algérien pour revenir à la marque au moment où Bougherra s’était contenté de voir le navire vaciller avant de sombrer lors de la séance des tirs au but. Pour le chef de la barre technique de l’EN A’, « les penalties, c’est la loterie. Il y avait le facteur fatigue. Quand on perd sur penalty, il y a toujours des choses à dire. C’est le Mektoub ». La frustration était là pour l’ancien défenseur de l’équipe nationale. D’autant plus que, comme à chaque fois, il perd sans vraiment perdre.
En effet, que ce soit lors de la finale du CHAN 2022 contre le Sénégal en Algérie, l’élimination en quarts de finale du CHAN 2024, joué l’été dernier, contre le Soudan où ce nouvel échec aux portes des demies infligé par les E.A.U, « Bouggy » ne s’est jamais incliné dans le jeu. Son bilan définitif en officiel est de 13 victoires et 10 nuls en 23 tests officiels pour 39 buts marqués et 9 encaissés.
Bougherra frustré mais honoré
En conférence d’après-match, le « Magic » a certainement vu défiler les beaux moments sur le banc algérien avec le sacre mémorable à la Coupe arabe FIFA 2021 mais aussi son aventure jusqu’en finale du CHAN 2022 en Algérie. « Même si mon objectif n’était pas inscrit sur mon contrat, c’était de défendre notre titre en Coupe Arabe. C’était un honneur d’être entraîneur de l’équipe A’. J’ai vécu des moments extraordinaires. Dans toutes les compétitions officielles, nous n’avons perdu aucun match, sauf aux penalties. C’est la fin d’une ère », lâche-t-il.
Au moment de dresser le tableau du passage de Bougherra, on peut aussi penser que le fait que l’EN A’ soit une sélection d’occasions lui a porté préjudice. On parle d’une équipe bâtie à la hâte et appelée à jouer deux compétitions dans deux continents différents avec un football distinct. Bougherra a essayé de s’y adapter comme il pouvait. Il en est venu jusqu’à tout remodeler pour ce qui est de l’effectif. Malheureusement, l’incapacité à avoir un effectif stable n’a pas pu permettre de mettre en place des idées homogènes. Arrivé à un certain stade, ça se paye cash.
M. T.
