À l’approche du dénouement final contre le GS Mascara, Chérif Hadjar a décidé de hausser le ton pour protéger ses joueurs de la pression extérieure. En balayant les scénarios mathématiques, le coach du Raed exige une concentration totale sur le rectangle vert pour transformer l’espoir des play-offs en réalité concrète.
Par Mehdi Allel
Le technicien Koubéen est un vieux briscard des terrains et il sait que la psychologie pèse autant que la tactique dans ces moments charnières. Conscient que la pression populaire et médiatique a atteint son paroxysme, Hadjar a senti le besoin vital de purger les esprits de ses troupes. Pour lui, la préparation du dernier rendez-vous passait inévitablement par une mise au point musclée afin de replacer le football au centre des débats et d’évacuer la pollution mentale des calculatrices.
« Le foot n’est pas une science exacte »
Le coach a débuté son intervention en rappelant une vérité fondamentale du sport de haut niveau. Il refuse de voir ses joueurs se transformer en statisticiens alors que la bataille se gagne avec les tripes. « Le football n’est pas une science exacte et ce n’est pas avec des additions que l’on gagne un duel. Si vous entrez sur le terrain avec une calculette dans la tête, vous n’aurez plus la place pour la grinta. » Cette première salve visait à briser l’obsession des résultats croisés. En rappelant que leterrain a ses propres lois, Hadjar veut que son groupe retrouve la simplicité du jeu.
« Votre seul tableau d’affichage est ici »
Pour le patron technique du RCK, le plus grand danger serait de jouer le match de Témouchent par procuration. Il exige une isolation totale par rapport aux événements extérieurs. « Je vous interdis de demander le score de l’autre match à la mi-temps. Votre seul tableau d’affichage, c’est celui de Benhaddad, pas celui des autres stades. On ne dépend que de nous-mêmes, alors ne gaspillez pas votre énergie à regarder ailleurs. » Ce recadrage est essentiel pour maintenir une concentration maximale sur l’adversaire du jour, le GS Mascara, qui ne fera aucun cadeau aux Vert et Blanc.
« Mascara ne viendra pas en touriste »
Le respect de l’adversaire a été le troisième pilier de son discours. Hadjar craint plus que tout un excès de confiance ou une déconcentration liée à l’enjeu des play-offs. « Ne croyez pas que le travail est déjà fait. Mascara possède des joueurs fiers qui ne viendront pas pour nous regarder faire la fête. Si vous n’êtes pas à 100% sur chaque ballon, vous allez vous mordre les doigts. Respectez le foot et respectez votre adversaire. » En insistant sur la menace représentée par l’adversaire, le coach remet ses joueurs en mode commando, là où chaque mètre carré de terrain doit être défendu avec acharnement.
« L’honneur ne se calcule pas »
Enfin, Hadjar a touché la corde sensible en évoquant les valeurs du club et l’investissement exceptionnel de certains cadres durant la saison, notamment lors du dernier exploit à Oran. « L’honneur de ce maillot ne se négocie pas. Un joueur doit tout donner sans compter ses efforts ni ses douleurs. C’est cet état d’esprit que je veux voir. Oubliez les chiffres, ne pensez qu’à la gagne. » Cet appel à la fierté est le point d’orgue de sa causerie, une manière de transformer la pression étouffante en une force collective indestructible avant de fouler la pelouse pour continuer la préparation de ce dernier rendez-vous de la saison. La ligne de conduite est désormais tracée. En évacuant les doutes et les mathématiques, Chérif Hadjar a rendu à ses joueurs leur liberté d’agir. Ce vendredi, il n’y aura plus de place pour les « si » ou les « peut-être », seule la victoire comptera pour valider le ticket des play-offs.
M.A.
