17 avril 2026

Hussein-Dey, un match, une défaite et tout à reconstruire

Alors que l’on pensait le Nasria définitivement lancé vers une fin de saison sereine, le derby face au RC Kouba est venu doucher les espoirs des supporters. Une défaite qui fait mal, non seulement par le score, mais par la manière dont elle s’est dessinée, replongeant le club dans ses doutes habituels au moment même où la stabilité semblait acquise.

Par Omar Yahiaoui

Le football est parfois cruel, mais il est surtout très révélateur. Après deux succès probants face au MC Saïda à domicile et une victoire de prestige à l’extérieur contre le WA Mostaganem, le NAHD semblait avoir trouvé son rythme de croisière. Ces six points laissaient présager une fin de parcours en boulet de canon. Pourtant, avant-hier, lors de cette 25e journée de Ligue 2 (Groupe Centre-Ouest), les Sang et Or ont rendu une copie bien pâle.

Dépassés, sans imagination et parfois désorganisés, les joueurs ont paru être l’ombre d’eux-mêmes. Si l’entraîneur Aziz Abbas a pointé du doigt la préparation chaotique marquée par une grève des primes, cet argument peine à convaincre les puristes. Dans un derby d’une telle intensité, le mental et l’honneur doivent normalement prendre le pas sur les coulisses, surtout face au voisin koubéen.

Le RCK, bête noire confirmée

Un constat statistique commence à peser lourdement sur les épaules des Hussein-Déenscar cela fait maintenant trois saisons consécutives que le NAHD est incapable de s’imposer à domicile face au Raed. Le stade du 20-Août, autrefois forteresse imprenable, semble être devenu le jardin des Koubéens lors de ces confrontations directes. S’agit-il d’un complexe psychologique ? La question mérite d’être posée. Voir le rival historique repartir avec les trois points année après année installe une forme d’impuissance qui inquiète les amoureux du club. Le manque de « grinta », cette marque de fabrique du Nasria où les joueurs se donnaient corps et âme pour les couleurs dans les grands rendez-vous, a cruellement fait défaut cette fois-ci.

Le NAHD se retrouve aujourd’hui dans une position hybride, souvent dangereuse : l’équipe ne joue plus l’accession, désormais hors de portée, mais semble suffisamment loin de la zone de turbulences pour ne pas craindre la descente. Cette « zone de confort » administrative semble avoir eu un effet pervers sur le groupe.

Quel visage pour la suite ?

Certains observateurs s’interrogent : l’équipe est-elle déjà en vacances ? Si l’objectif était de terminer en force pour poser les jalons de la saison prochaine, l’image renvoyée avant-hier suggère plutôt une fin de cycle prématurée.

Le plus dur reste à venir avec des déplacements périlleux dans le Sud (Adrar et Béchar) en plus d’un match à domicile face au CRT. Si le staff technique ne parvient pas à remobiliser ses troupes, la fin de saison risque d’être un long chemin de croix au lieu d’être un tremplin. Pour préparer l’avenir, le NAHD doit impérativement retrouver son identité de jeu et, surtout, ce caractère qui fait que porter le maillot sang et or n’est jamais un acte anodin, même quand l’enjeu comptable s’amenuise. Les fans attendent désormais une réaction d’orgueil ; il en va de la dignité de ce club historique.

 O. Y.

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