L’annonce de la démission du président Yacine Hanied a agi comme un séisme au Nasria. Alors que le fauteuil de président est à peine tiédi, les grandes manœuvres ont déjà débuté en coulisses. Entre nostalgie et réalisme économique, un nom revient avec insistance pour piloter la transition : Meziane Ighil. Mais cette fois-ci, le projet semble s’orienter vers une gestion collégiale pour éviter les écueils du passé.
Par Omar Yahiaoui
Le NA Hussein-Dey se trouve à la croisée des chemins. Le départ acté de Yacine Hanied laisse un vide institutionnel qu’il faut combler au plus vite pour ne pas compromettre la préparation de la saison prochaine. Dans cet environnementbouillonnant, le nom de Meziane Ighil circule avec la force de l’évidence chez une partie des supporters. L’ancien international, qui a porté toutes les casquettes au sein du club- joueur de talent, entraîneur rigoureux et président -est perçu par beaucoup comme le seul «sage» capable de stabiliser un navire trop souvent secoué par les tempêtes administratives.
Le traumatisme de l’AG passée en mémoire
Pourtant, le retour d’Ighil n’est pas un long fleuve tranquille. Chacun garde en mémoire les événements de la saison dernière. Alors qu’il s’apprêtait à reprendre le flambeau, un groupe d’Ultras (poussés par un de ceux qui aujourd’hui, hypocritement demande à ce qu’il revienne aux affaires) lui avait barré la route lors d’une Assemblée Générale électrique, le dissuadant finalement de s’engager. Ce souvenir reste une cicatrice ouverte, tant pour l’homme que pour l’institution. Aujourd’hui, sollicité à nouveau par des franges de supporters inquiets pour l’avenir, Ighil ne ferme pas la porte, mais pose ses conditions avec la sagesse que lui confère son expérience. Pour la majorité (malheureusement silencieuse) à Hussein Dey, Ighil est l’homme qu’il faut pour sauver ce qui peut l’être encore de club victime d’une guerre larvée initiée par des faux dévots, des aventuriers, sans boussole.
«Je ne peux plus travailler seul»
Lors des récents échanges avec ses interlocuteurs, Meziane Ighil a été d’une franchise absolue. S’il ne refuse jamais de servir son club de cœur, il reconnaît volontiers que le poids des années et la complexité du football moderne exigent une approche différente. «Je ne peux pas porter ce projet seul», aurait-il confié en substance. A son âge, l’idée n’est plus de s’exposer en première ligne de manière isolée, mais plutôt d’agir comme une boussole stratégique au sein d’une structure renforcée.
Vers une gestion collégiale et le retour des sponsors
L’idée qui fait son chemin, et qui semble faire l’objet d’un accord de principe, est celle d’une gestion de groupe. Fini l’homme providentiel unique ; place à un directoire ou un comité de gestion composé d’anciens dirigeants chevronnés et de visages neufs capables d’apporter un second souffle. Des contacts sérieux ont déjà été entrepris pour ratisser large. L’objectif est double : Réunir la famille du Nasria en faisant revenir des anciens dirigeants qui avaient pris leurs distances. Sécuriser le volet financier, puisque des discussions sont en cours avec des sponsors potentiels pour garantir un budget à la hauteur des ambitions du club.
L’accession en Ligue 1 en ligne de mire
Le plan de bataille est clair : éviter à tout prix les erreurs de casting et les improvisations budgétaires qui ont coûté cher au club par le passé. En structurant cette direction collégiale sous l’égide morale d’Ighil, le NAHD espère démarrer la saison sous les meilleurs auspices. L’objectif final reste inchangé et non négociable pour les amoureux du club : bâtir un effectif compétitif capable de jouer l’accession et de ramener le Sang et Or dans l’élite du football algérien, sa place naturelle.
Le temps presse, et les jours à venir seront décisifs pour transformer ces tractations en un projet concret qui saura, cette fois, faire l’unanimité.
O.Y.
