25 mai 2026

Pour Laroum, la greffe Petkovic peut prendre

Pour désigner Vladimir Petkovic comme sélectionneur national, il y a eu une commission ad-hoc mise en place par Walid Sadi, président de la Fédération algérienne de football (FAF). Cette dernière était chargée de dégager les candidats les mieux indiqués pour la mission. En définitif, c’était le patron de la FAF qui a décidé de confier les rênes au technicien au Bosnien. Présent parmi les « casteurs », Boualem Laroum, ancien DTN, est revenu sur certains paramètres qui ont fait que le CV de Petkovic soit retenu.

Par Mohamed Touileb

Ils étaient une vingtaine de coachs à envoyer leurs Pedigrees à la FAF pour remplacer Djamel Belmadi, entraîneur sortant. Cinq candidats seulement ont été proposés par la commission ad hoc au président de la FAF qui a pris la décision finale en considérant certains paramètres liés notamment aux finances de l’instance qui ne sont pas dans un état réjouissant.

En tout cas, parmi le quintuor final, c’est Petkovic qui a eu le poste. Invité de l’émission hebdomadaire du quotidien Le Soir d’Algérie, Boualem Laroum a donné quelques détails sur le casting sans pour autant tout divulguer en justifiant être tenu par le droit de réserve.

La longévité suisse a été un atout

Cependant, il a indiqué que « notre rôle n’était pas de choisir l’entraîneur mais les coachs qui étaient susceptibles d’assumer cette mission. On avait des postulants. Parce qu’il y a une différence. On a choisi 5 hommes parmi les 20 présents. Et c’était la dernière étape de notre travail. C’était un écrémage. On a mis des critères bien précis ». S’agissant des points qui ont fait pencher la balance en faveur de Petkovic, il y a « les spécificités de notre équipe nationale mais aussi de notre pays ainsi que notre société. Au final, c’est le président de la FAF qui savait quoi faire pour ce qui est des domaines administratif et financier ». Pour Laroum, c’était aussi une manière de mettre les choses dans leur contexte en assurant que c’est à Sadi qu’est revenu le dernier mot. « Tant que le président de la FAF n’a pas parlé de ce sujet-là, on ne peut pas vraiment divulguer certaines choses. Je pense que c’est au président qu’il faudra aller chercher d’autres informations », explique l’invité. Il ajoutera : « Après pour ce qui est de mon avis, je peux vous dire que cet entraîneur mérite d’être dans la short-liste. Et il était passé 2 fois au second tour de la Coupe du monde avec la Suisse. Plus un entraîneur a une certaine longévité, plus ça prouve qu’il a les compétences pour le coaching. La Suisse n’est pas un pays à présenter. Il a des perspectives et de programmation. Quand on parle de Suisse, on parle inévitablement de qualité de la compétence. Et on espère qu’il sera un acquis pour nous. Il était actif sur le circuit. Certes, il y a eu ce passage à vide il y a deux ans. Mais je pense qu’il a le profil adéquat pour réussir. »

Les fondamentaux avant la langue

A la question est-ce qu’il était vraiment le 5e et dernier choix sur la liste finale, Laroum a déclaré qu’« on avait présenté 5 candidats avec une approche scientifique et surtout humaine. Il y a l’aspect privé qu’on doit respecter et que je préserverai car c’est mon droit et mon devoir aussi ». Laroum est persuadé que « Petkovic comprendra nos joueurs. Notamment les binationaux car il a travaillé en Suisse, en Italie et en France ».

Concernant le volet de la communication et le français peu maîtrisé du driver de 60 ans, Laroum a reconnu qu’« il aurait été préférable que Petkovic parle arabe ou français. Cependant, nos meilleurs joueurs parlent plus d’une langue. Au final, il s’agit de fondamentaux de jeu qu’il faudra comprendre ». Est-ce que cela représentera un préjudice, pour l’ex-DTN, « Petkovic a de grandes chances de trouver un terrain d’entente avec les joueurs dans des délais très courts. Sa compréhension de la société en Europe et le mode de vie peuvent l’aider dans son travail. Rajevac et Alcaraz n’arrivaient peut-être pas à cerner la mentalité des binationaux ».

La théorie de fin de cycle balayée

Petkovic débarque dans une passe tout aussi délicate avec notamment la campagne des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026 à poursuivre dès juin. Si certains sont arrivés à la conclusion que l’EN est en fin de cycle, Laroum n’est définitivement pas de cet avis. « C’est un non-sens. Le joueur vaut ses muscles et sa performance. Peut-être que tu trouveras un joueur qui a 26 ans mais qui n’est pas discipliné. Tu peux en trouver un autre qui a 32 ans mais qui joue au plus haut niveau. Tout cela c’est des raccourcis. Peut-être que par le passé, les joueurs raccrochaient plus tôt car il n’y a pas de vrai travail de base. Mais, pour notre sélection, l’équipe est là. Petkovic ne devra pas tout refaire », explique-t-il. Dans l’ensemble, pour avoir été en immersion lors du casting, Laroum a donné certaines certitudes pour voir Petkovic réussir à redresser la barre avec les Verts et leur permettre de tirer le maximum du potentiel. C’est ce qu’on pourra voir d’ici juin.

M.T.

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