Le parcours remarquable de l’Olympique Akbou cette saison n’est pas due au hasard. Il témoigne du talent, de la détermination, du dévouement et du travail acharné des différents acteurs du club, joueurs, entraîneurs, dirigeants et supporters. Après leur éclatante victoire, samedi à domicile face à l’USMH (2-0), les Lions de la Soummam ne sont désormais qu’à un point de l’accession en Ligue 1. Mais au-delà des résultats sportifs, En compagnie de l’entraîneur en chef, Mourad Karouf, nous vous donnons un avant-goût de cette montée spectaculaire. Il était une fois l’Olympique Akbou…
La victoire face à l’USMH vous propulse en D1, parlez-nous de ce match, de cet exploit historique !
Vu la physionomie du match…je dirais qu’on a assisté à une première mi-temps équilibrée, durant laquelle l’adversaire a pris le dessus dans la possession. Mais au niveau des occasions, je pense qu’on était à égalité. A la pause, on a donné des consignes pour décompresser un peu, comme on a l’habitude de faire.
En première mi-temps, on s’est précipité pour marquer le but, mais il y a eu beaucoup de déchets techniques. En seconde période, c’était beaucoup mieux, on les a pressé haut, on a créé beaucoup d’occasions, et on a marqué deux buts.
Nos changements étaient adéquats, ils ont porté leurs fruits, El Hamdoulillah. Nous avons confirmé notre statut de leader…on est à un point de l’accession, mais je dirais qu’elle est à 100% acquise…maintenant, on ne cherche après personne. Il nous reste six matchs et 18 points à prendre, trois matchs à domicile et trois matchs à l’extérieur…on a treize (13) points d’avance… on est entré dans l’histoire du football akboucien !
Même sur le plan physique, après 23 matchs dans les jambes, l’OA a bien résisté…
Vous savez, je n’ai pas que onze (11) joueurs, j’en ai vingt-sept (27), et je les ai tous mis en valeur. Par rapport au match face au MSPB, j’ai fait cinq changements, un turn-over qui a bien fonctionné. Les résultats sont là, avec Aomar Hamened, on a tout fait pour produire un jeu de qualité,…et le mérite revient à tout le monde. La prochaine fois, on joue Aïn Mlila à l’extérieur, et on ramènera ensuite Teleghma…j’appelle d’ailleurs tous les Akbouciens, à travers toute l’Algérie, à venir fêter avec nous l’accession, face à Teleghma.
Quel bilan faites-vous de ce splendide parcours ?
Je dirais que c’est un bilan positif, avec dix-huit (18) victoires, quatre (4) matchs nuls et une seule défaite…on a ramené de la rigueur dans cette équipe, on a formé un groupe, on a mis nos idées techniques et tactiques sur le terrain, et jusqu’à ce jour, je dis Al Hamdoulillah.
Où se situe votre satisfaction par rapport aux performances du groupe ?
J’ai eu l’occasion de travailler avec pas mal d’entraîneurs, qui ont gagné des titres…les Khalef, Ziwotko…je dirais que la chose la plus importante chez eux, c’était la rigueur, la discipline, l’assiduité…un groupe, c’est comme une famille. C’est ce que j’ai essayé de mettre en place dans cette équipe, el Hamdoulillah. Le président m’a donné carte blanche pour ce qui est du volet technique, je suis donc à l’aise. Il y a de la qualité dans ce groupe, on a essayé de la mettre au profit de l’équipe.
D’une manière plus précise, pouvez-vous nous dire quels sont les ingrédients de cette belle réussite ?
Je dirais que le président…il ne faut pas l’oublier…a mis tous les moyens, qu’ils soient financiers, humains ou logistiques. Ça fait cinq (5) ans qu’il est là, et il assure chaque année une accession. Il avait un projet…et moi…je suis entré dans ce projet, ça fait deux ans que je suis avec lui. À l’OA, on ne s’occupe pas d’autre chose que de notre travail. Même sur le plan administratif, tout le monde est à l’aise, il y a une certaine maturité dans la gestion. Et n’oublions pas surtout…notre public en or…à qui je voudrais rendre hommage…
Allez-y coach…
Quand je suis arrivé dans ce club, j’ai trouvé un public à la hauteur. Il a fait avec nous tous les déplacements, quelle que soit la distance et les circonstances. Je pense que le mérite lui revient, c’est un public passionné. Je remercie les supporters pour leur incroyable soutien…c’est leur club…on va fêter ensemble cette accession historique. Depuis sa création en 1936, l’OA n’a jamais accédé en première division. N’oublions pas, aussi, que la saison prochaine, on va épauler…notre club cher…la JSK…
Un match JSK-Akbou, dans le nouveau stade Aït Ahmed de Tizi Ouzou, de quoi déchaîner les passions en Kabylie, n’est-ce pas ?
Il ne faut pas oublier…les gens de La Vallée…sont les premiers supporters de la JSK, ce qui signifie que les rencontres seront vraiment spéciales pour les deux clubs.
Quel est votre jugement sur le football amateur en Algérie ?
Il n’y a pas de travail de base qui se fait. Le travail devrait commencer au niveau des jeunes, ce n’est malheureusement pas le cas, les jeunes sont négligés. Même en termes de méthodologie d’entraînement et de programmation, j’estime que le volume de travail des jeunes au niveau des clubs amateurs est vraiment faible. Les jeunes manquent de compétition. Ils jouent au maximum vingt (20) matchs, c’est peu pour un jeune. Il faut vingt-cinq (25) à trente (30) matchs par année. Pour le bien de notre football amateur, j’espère qu’ils vont revoir tout ça.
Et à Akbou, comment se porte la formation ?
Je dirais que quelque chose est en train de naître, ils ont mis le paquet. La preuve, l’équipe réserve est classée première…ce n’est pas venu comme ça. C’est tout ça qui fait la réussite d’un club !
En tant que technicien, votre avis compte beaucoup. Êtes-vous optimiste, ou non, pour l’avenir de la sélection nationale ?
En tant que supporter algérien, je me dois d’être optimiste…mais il est encore trop…il y a un travail qui doit se faire, le premier objectif étant de se qualifier en coupe du monde, puis d’être à la hauteur pour la CAN 2025. Espérons que le nouveau sélectionneur aura le temps de connaître son groupe et mettre en place sa stratégie de jeu, durant les quelques dates FIFA. Belmadi a eu besoin de beaucoup de temps pour créer un groupe, on est donc dans l’obligation de donner du temps au nouveau sélectionneur…pour le bien de l’Algérie…pour le bien de notre football national…
Allez-vous poursuivre l’aventure avec l’Olympique Akbou ?
Ce que je peux dire, c’est que je ne suis pas dépaysé à l’OA, je suis bien avec les supporters…avec tout le monde, sans exception,…je fais mon travail convenablement. Après le dernier match de la saison…comme on dit, koulchi mektoub ! Ça ne va dépendre ni de moi, ni de x ou y. S’ils veulent qu’on continue, on va se mettre autour d’une table et discuter de la saison prochaine. Si ce ne sera pas le cas, discuter autour d(‘une table pour la saison prochaine, Si la direction veut de nous, on sera là, sinon…j’ai d’autres contacts, mais comme je disais, koulchi mektoub.
Quand reverras-t-on Mourad Karouf à la JSK ?
(Rires) Ah…la JSK…la JSK c’est le club du cœur…en tous les cas, on souhaite vraiment que le club revienne le plus tôt possible. Je sais que les anciens responsables ont essayé de faire quelque chose…mais ça n’a pas marché pour eux. Leurs supporters sont exigeants, c’est tout à fait normal…il faut accepter tout ça, maintenant il faut aller de l’avant. Je pense que la nouvelle équipe va donner un bon coup et redorer le blason du club.
Je voudrais ajouter une chose…
Bien-sûr…
Je voulais juste féliciter votre journal, ses responsables et toute l’équipe…c’est un journal crédible, Tout au long de la saison, Info Sport a couvert et suivi l’Olympique Akbou, je vous exprime donc ma reconnaissance au nom de tous les Akbouciens. Je souhaite à ce journal une longue vie, et encore plus de réussite Inchallah !
Entretien réalisé par Nasser Souidi
