Ce n’était plus qu’une question d’heures, c’est désormais officiel. Le couperet est tombé vendredi après-midi au coup de sifflet final de la rencontre face à l’IRB Sidi Mhamed Benali à Oued Rhiou. Battu sur le score de 3 buts à 2, le NA Hussein Dey s’est une nouvelle fois enfoncé dans une crise de résultats qui paraissait déjà inévitable. La direction du club n’a d’ailleurs pas perdu une minute : dans les instants qui ont suivi la fin de la partie, un communiqué officiel a été publié pour annoncer la résiliation du contrat d’Abdenour Bousbiaâ ainsi que de l’ensemble de ses collaborateurs.
En se fendant d’un court message de remerciements tout en lui souhaitant «bonne chance pour la suite de son parcours», l’état-major du Nasria a acté une séparation devenue inéluctable. Pour les dirigeants hussein-déens, l’heure du choc psychologique avait sonné. Avec un bilan alarmant de trois défaites consécutives – essuyées successivement face à l’ES Mostaganem, le RC Kouba et donc l’IRB Sidi Mhamed Benali -, l’équipe sombrait dans une spirale négative dont le coach ne semblait plus avoir les clés.
Un vestiaire totalement fracturé
Si le verdict est tombé après le revers à Oued Rhiou, les causes de cet échec s’enracinent bien plus profondément dans le quotidien du groupe. Au-delà des simples chiffres, l’incapacité de Bousbiaâ à maintenir l’ordre et la discipline au sein du vestiaire aura été l’un des facteurs déterminants de sa chute.
En coulisses, plusieurs voix s’élevaient déjà pour dénoncer une gestion humaine jugée à deux vitesses. Le technicien s’appuyait sur un noyau dur de joueurs intouchables, alignés semaine après semaine indépendamment de leur rendement sur le terrain. Cette politique de traitement de faveur a fini par provoquer une véritable crise de confiance et une révolte larvée chez les éléments écartés du onze entrant, incompréhensifs face à leur bannissement systématique. Privé de levier d’autorité et ayant perdu le contrôle de son effectif, Bousbiaâ a vu son vestiaire se fissurer irrémédiablement.
Manque de rigueur et signaux d’alarme ignorés
Sur le plan purement technico-tactique, les griefs retenus contre l’ex-entraîneur du Nasria sont tout aussi lourds. Nombre d’observateurs et de proches du club pointent du doigt un déficit physique criant chez les joueurs, attribuable à une préparation d’intersaison manquée. Alors que cette période estivale exigeait un travail de fond rigoureux et une charge d’entraînement soutenue, le coach accordait régulièrement des journées de repos jugées inexplicables par la direction.
Pourtant, les signaux d’alerte s’étaient manifestés bien avant le coup d’envoi de la compétition officielle. Durant la phase amicale, les prestations du NAHD face à des adversaires hiérarchiquement inférieurs avaient déjà jeté un froid. L’incapacité de l’équipe à prendre le dessus sur des formations modestes de Régionale 1 comme le Hydra AC, ou de troisième division à l’image de la JS Hay Djebel, aurait dû alerter le staff technique.
En fermant les yeux sur ces lacunes structurelles, le NAHD s’est présenté en championnat sans armes physiques ni certitudes tactiques. Aujourd’hui, l’heure est au grand nettoyage et au rachat pour le Nasria.
O. Y.
