Le RCK traverse une nouvelle zone de turbulences à la veille d’une saison qui s’annonce décisive. Alors que les supporters espéraient enfin un projet stable et cohérent après deux saisons en dents de scie, la direction du club semble replonger dans ses hésitations structurelles, notamment autour de la désignation du futur entraîneur.
Par Youcef Mimoune
Comme annoncé dans ces mêmes colonnes, Mohamed Lacete était le profil qui séduisait particulièrement le président Salim Messani. Pourtant, contre toute attente, la direction du RCK vient de faire machine arrière concernant Lacete, créant ainsi confusion et crispations en interne.Depuis plusieurs saisons, le Raed peine à retrouver la stabilité sur tous les niveaux. Changement d’entraîneurs à répétition, instabilité au niveau de la direction technique, recrutements peu cohérents et autant de signes d’un club en perte de repères. Cette saison, le président Messanisouhaitait redonner une impulsion claire à son projet sportif etson choix initial s’était porté sur Mohamed Lacete.Selon nos informations, ce dernier avait même entamé des discussions avancées avec le président. Messani voyait en lui l’homme de la situation, capable de structurer un collectif solide et de construire sur le moyen terme. Mais c’était compter sans la série de tensions internes au sein de la direction. Du coup, certaines personnes dans l’entourage immédiat du président Messani l’ont dissuadé d’engager Lacete et voilà que le coach détenteur de la dernière Coupe d’Algérie s’éloigne de Kouba…
Abbes proposé
Alors que tout semblait ficelé pour l’arrivée de Lacete, le nom de Aziz Abbes est soudainement ressorti des cartons. Cette proposition aurait été formulée en urgence au président Messani lors d’une réunion à huis clos tenue au siège du club le week-end dernier. Un retournement de situation inattendu qui a laissé plusieurs observateurs perplexes. Pourquoi cette volte-face si tardive ? Pourquoi écarter un candidat validé en interne au profit d’un autre dont la venue n’était pas à l’ordre du jour ?D’après une source proche du dossier, cette décision aurait été prise sans réelle concertation avec Messani, pourtant favorable à Lacete. Le président, surpris, aurait exprimé en privé sa déception, tout en affirmant vouloir respecter «la collégialité» du choix final.Certains proches du président n’ont pas caché leur agacement. Si Aziz Abbas est bel et bien désigné dans les prochaines heures, il aura la lourde tâche de bâtir une équipe capable de rivaliser avec les autres formations qui visent l’accession. Son arrivée pourrait rassurer une partie de la direction mais reste à savoir s’il parviendra à s’imposer dans un contexte aussi tendu.
Du côté de Messani, il faudra gérer l’équilibre entre son autorité de président et le poids croissant de certains membres du staff dirigeant, de plus en plus impliqués dans les choix sportifs. À trop vouloir ménager toutes les sensibilités, le RCK risque de s’enliser encore dans des compromis stériles…
Le malaise est plus profond au sein du RCK
Cette affaire de nomination semble révéler un malaise plus profond au sein du club. En effet, ce n’est pas la première fois que la direction du RCK se retrouve divisée sur des choix techniques majeurs. La saison dernière déjà, plusieurs décisions sportives avaient été prises dans la confusion. Cette instabilité chronique commence à inquiéter les supporters. Sur les réseaux sociaux, les critiques pleuvent. Certains groupes de fans demandent plus de clarté et d’engagement de la part de la direction. D’autres pointent un manque de vision à long terme.Le choix du prochain entraîneur n’est pas un simple détail technique. Il incarne une orientation stratégique et un projet à moyen terme. À l’heure où les autres clubs s’apprêtent à reprendre le boulot, le Raed n’a toujours pas d’entraîneur en poste ni de ligne directrice claire. Un retard qui pourrait coûter cher. Le club koubéen se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Le feuilleton Abbas-Lacete n’est qu’un symptôme d’un mal profond de celui d’un club en quête de cohérence. Le président Messani devra très vite reprendre la main s’il veut éviter une nouvelle saison galère.
Y. M.
