FAF – QFA : Guerre déclarée ou de bonne guerre ?
D’un côté, il y a la Fédération algérienne de football (FAF) qui trouve en la France un gisement pour renforcer sa sélection avec les binationaux. De l’autre, le Qatar puise en Algérie pour faire signer des jeunes joueurs susceptibles d’être naturalisés dans l’avenir. D’ailleurs, Abdessamed Bounacer (19 ans), qui est en partance de l’USM Alger vers Al Sadd SC, est concerné par cette politique du Qatar à dénicher des renforts potentiels pour Al-Annabi. Cette démarche peut sembler incommode. Surtout qu’il s’agirait d’un réseau Dz qui serait derrière ces « détournements » en faveur des Qataris.
Par Mohamed Touileb
Le potentiel est là pour Bounacer. Quelques apparitions avec les Usmistes et le voilà qui tape dans l’œil des « recruteurs » du Qatar. Pourtant, le défenseur central a récemment été prolongé par les Rouge et Noir avec un contrat qui devait courir jusqu’à 2027. C’était avant qu’Al Sadd se manifeste en se montrant disposé à payer les 500 000 euros représentant sa clause de libération. La somme n’est pas conséquente pour un jeune footballeur très prometteur. Mais l’enjeu dépasse le volet purement financier (même si l’entourage est appâté avec de jolis chèques) puisque ce recrutement s’inscrit dans une politique sportive que les Qataris ont adoptée depuis toujours, à savoir la naturalisation des sportifs de haut niveau.
Keddari, Omar… et la liste est ouvrable
Malgré le lancement de l’Académie Aspire, qui vise à former des athlètes dans différentes disciplines, le Qatar ne se contente pas de ça. Le pays a pu produire des sportifs qui ont brillé à l’échelle internationale dans plusieurs disciplines. Mais la majorité d’entre eux n’ont pas vu le jour au Qatar. On pense à Mutaz Essa Barshim, né à Londres et qui est d’origine soudanaise, qui a permis à l’empire gazier de gagner des titres mondiaux au saut en hauteur (1 olympique et 3 au Championnat du monde d’athlétisme). Pour revenir au football, on peut relever une activité suspecte du côté de l’Algérie. Elle concerne aussi des joueurs d’origine algérienne établis à l’étranger. On peut citer Wassim “Simo” Keddari, aujourd’hui international espoir (que « espoir » il faut le préciser) espagnol, qui a été recruté par Al-Arabi SC alors qu’il était sur le radar des Fennecs. En outre, il y a Mohamed Rafik Omar, qui avait brillé avec les U18 de l’Algérie à la Coupe Arabe UAFA, avant de signer à Al-Shamal SC contre une grosse somme d’argent.
Pourtant, Omar, qui était à l’Académie de la FAF à Bel-Abbès, avait des touches en Espagne et au Portugal. Il avait même effectué des essais concluants avec Villarreal FC. Mais il a été dérobé par le Paradou AC qui n’a pas hésité à le céder, dans la foulée, au Qatar.
Des clauses scandaleuses
Fait notable, ces deals reposent sur certaines clauses douteuses. En effet, des clauses sont intercalées dans les contrats pour empêcher ces joueurs de répondre favorablement aux convocations des sélections A dans leurs pays de naissance. Et on croit savoir que le bail proposé à Bounacer n’échappe pas à la règle. En cas d’entorse à la règle, la collaboration prendra fin sur le champ. C’est ce qui s’est passé avec le joueur Mohammed Amin Hazbavi qui a décidé de représenter la sélection de l’Iran depuis mars dernier. Par conséquent, Al Sadd SC, où il évoluait, avait décidé de le résilier dès la fin de la saison 2023-2024. On n’est pas loin de la politique de confiscation de passeport. Heureusement, certains de nos footballeurs ne mordent pas à l’hameçon. En effet, Yacine Titraoui, qui a rejoint Royal Sporting Charleroi cet été, avait préféré attendre un rebond en Europe plutôt que d’aller s’enterrer dans le Golfe à 20 ans. L’activité des agents véreux, qui travaillent contre l’intérêt de l’Algérie en négociant des bonus sous la table et parfois à l’insu de leurs « victimes », est très inquiétante. Pendant ce temps-là, la Fédération algérienne de football (FAF) ne fait que constater les dégâts voyant ses enfants devenir une monnaie d’échange pour des cellules qui activent dans l’obscurité. A quand la réaction de Walid Sadi et ses collaborateurs ?
M. T.
