La belle revanche de Saïd Chabane
Le Fennec Himad Abdelli a officialisé, avec le club l’Angers SCO, le retour dans l’élite française vendredi dernier après le nul à domicile face à Dunkerque (0-0). L’accession des Angevins est aussi celle de Saïd Chabane, propriétaire du club et qui a laissé le poste de président à son fils Romain, après une passe compliquée sur le plan personnel. L’Algérien, qui a pris sa revanche et remis les pendules à l’heure, a livré des mots forts à l’endroit de ses détracteurs et ceux qui voulaient le voir plus bas que terre.
Par Mohamed Touileb

La fin de saison dernière était très compliquée pour l’Angers SCO avec la relégation en Ligue 2 BKT dans la foulée des démêlées de Chabane avec la justice. Le chairman a fait l’objet d’accusations d’agressions sexuelles pour lesquelles il a été condamné à deux ans de prison dont un avec sursis.
Il était même question de suicide
S’en était suivi une véritable cabale médiatique contre l’homme avec une envie manifeste de le pousser à partir. S’il a voulu être en retrait en désignant son fils Romain aux commandes de la présidence, Chabane, qui avait racheté le club de l’Ouest en 2011 finissant par le faire monter en D1 française 4 ans après, n’a pas manqué de régler ses comptes à sa manière après l’officialisation du retour de l’équipe dans le palier premium du foot français.
Et c’était les mots d’un homme qui a énormément enduré depuis 2020 quand des plaintes ont été déposées contre lui. « Certains ont même parié sur mon suicide. Ils ont appelé ma famille pour dire que je m’étais suicidé. A tous ceux-là, pour tout le mal que vous avez fait à moi, à mes proches et mes amis, vous n’avez fait que renforcer ma conviction car l’acharnement qu’il y a eu, je ne le souhaite à personne et certains se reconnaitront », déclarait-il après le match de vendredi.
Un discours de boss
Et Chabane, qui a contesté le verdict rendu par la justice française en mars dernier, a assuré que « l’avenir me donnera raison sur un certain nombre de points ». Quant à la possibilité de le voir quitter le navire des Noir et Blanc, l’enfant de l’Algérie et de la Kabylie s’est dressé face à ses détracteurs en rappelant que « le club m’appartient. Quand on dit que je ne suis plus l’homme de la situation, d’accord, venez… Faîtes votre chèque et partez, je vous laisserai tout sur la table ». Le chairman est dans une logique de business car il a su restructurer l’Angers SCO faisant de lui l’une des écuries les mieux encadrées en France. Pour finir, il a rappelé aux médias qu’ils n’avaient « pas le droit d’attaquer ma famille… Vous n’avez pas le droit de faire abstraction des personnes autour de moi. Il paraît que c’est la vie qui est comme ça. Cela m’a renforcé. On n’a pas été déstabilisé. Ils ont tout essayé. Un jour vous saurez tout ce qui s’est passé. On voulait tuer un bonhomme et sacrifier le club ». Pour une revanche personnelle, c’en est une. Et elle est sportive en attendant, éventuellement, d’être lavé juridiquement des accusations en cassation.
M.T.
