28 juin 2026

Le chantier du RC Kouba bloqué à 13 joueurs

La réalité du terrain en Ligue 2 rappelle l’urgence de la situation au Raed. Le système des licences annuelles ayant libéré l’intégralité du groupe en fin de saison, les dirigeants s’activent pour reconstruire un groupe compétitif, mais l’état des lieux comptable affiche un effectif encore particulièrement squelettique.

Le décompte officiel des forces en présence met en lumière l’immensité de la tâche administrative et technique qui reste à accomplir. En Ligue 2, l’expiration automatique des engagements au terme de chaque exercice impose de rebâtir presque systématiquement à partir de zéro. La cellule de recrutement a d’abord paré au plus pressé en sécurisant les cadres de la saison écoulée. Ce travail de coulisses a permis de formaliser le réengagement de huit éléments essentiels qui constituaient l’armature défensive et offensive de l’équipe. Les latéraux Hatem et Guezair ainsi que la charnière centrale composée de Hmida et Mohammedi ont rempilé, assurant une certaine continuité derrière. Au milieu, Chera et Fellag apportent leur vécu, tandis que le duo d’attaque Lehbiri et Ghazali complète cette base de reconductions validée initialement par la direction. À ce noyau s’ajoutent les quelques signatures enregistrées avant le gel des opérations.

Les postes clés ne sont pas doublés

Le staff a pu intégrer le défenseur axial Bahri pour densifier l’arrière-garde, ainsi que les attaquants Bendif et Ferdjioui pour offrir des solutions de rechange devant. L’arrivée du milieu de terrain Bouda et la prolongation du second gardien de but Ouafek portent le total général à treize unités. Mathématiquement, ce groupe s’avère insuffisant pour aborder un championnat exigeant où la profondeur de banc dicte souvent la régularité des résultats. Treize joueurs ne permettent même pas d’organiser une opposition complète lors des séances d’entraînement, ce qui complique sérieusement la planification de la préparation physique et tactique. Cette situation chiffrée place les responsables techniques dans une position inconfortable. Alors que la cohésion d’un groupe demande du temps et des automatismes, le staff doit travailler avec la moitié d’un effectif standard. Les postes clés ne sont pas tous doublés et le moindre pépin physique lors de la préparation pourrait rapidement fragiliser l’édifice actuel. La gestion des entraînements quotidiens requiert une gymnastique particulière pour ne pas griller les forces disponibles, tout en maintenant une intensité conforme aux exigences du haut niveau. Le calcul est simple et la marge de manœuvre particulièrement réduite pour le Raed. Avec treize éléments qualifiés à ce jour, le club se trouve à mi-chemin de ses besoins réels et devra impérativement doubler son capital humain pour espérer jouer l’accession dans ce championnat.

Le recrutement suspendu jusqu’à nouvel ordre

La réunion cruciale entre le président du club et son entraîneur principal a débouché sur des décisions radicales qui risquent de bousculer le quotidien des supporters. Au cours de cet échange franc, le premier responsable du club, Salim Messani a exposé les détails d’une situation financière devenue intenable. Les caisses de l’équipe ont été amputées d’une somme colossale dépassant les trois milliards de centimes, une saisie directement liée aux arriérés laissés par une précédente présidence. Cet imprévu budgétaire frappe de plein fouet la trésorerie et compromet gravement le plan de marche initialement établi pour la saison. L’impact le plus immédiat de ce coup dur se fait ressentir sur le marché des transferts. Alors que le staff technique s’activait à renforcer les rangs de l’équipe, la réalité économique impose un coup d’arrêt brutal. Les deux hommes ont rapidement trouvé un terrain d’entente pour geler toutes les opérations d’achat de licences jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

Ne pas gérer la crise à huis clos

Il s’agit désormais de réévaluer l’ensemble des priorités et de redéfinir une stratégie viable en fonction des moyens réellement disponibles. Pour le staff technique, cette pause forcée implique de composer avec l’effectif actuel en attendant des jours meilleurs. Loin de vouloir gérer cette crise à huis clos, la direction actuelle refuse d’assumer seule les conséquences de cette gestion passée. Les dirigeants s’attellent actuellement à la préparation d’un dossier complet et détaillé qui retracera l’historique de cette dette et l’origine exacte des prélèvements bancaires. Ce document de référence sera officiellement présenté lors de la prochaine assemblée générale du club. L’objectif de la démarche est d’impliquer l’ensemble des forces vives de l’institution afin de trouver une solution collective et urgente à ce problème majeur qui menace la stabilité de l’équipe. L’avenir immédiat du club se jouera donc lors de cette concertation majeure avec les membres de l’Assemblée générale. Le salut de l’équipe dépendra de leur capacité à débloquer des fonds pour relancer un projet sportif aujourd’hui lourdement hypothéqué par les erreurs administratives du passé.

M.A.

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