2 juin 2026

Le pacte d’Hussein-Dey pour le retour d’Ighil ?

La présence du P/APC Adel Benyahia à la réunion des sages sonne l’heure de la réconciliation et ouvre la voie à un changement radical.

Le NA Hussein-Dey est-il en train de vivre un tournant historique pour son avenir immédiat ? Alors que le club de la banlieue algéroise se débat dans une crise administrative asphyxiante, les lignes bougent à une vitesse impressionnante en coulisses.

Par Omar Yahiaoui

L’élément déclencheur de ce séisme politique local n’est autre que la réunion de crise provoquée avant-hier soir par les « sages » et les figures emblématiques du club. Mais au-delà de la présence des techniciens et anciens dirigeants, c’est une silhouette bien précise dans l’assistance qui a capté tous les regards et alimenté toutes les discussions : celle du maire (P/APC) d’Hussein-Dey, Adel Benyahia.

Pour les observateurs avertis de la scène husseindéenne, ce déplacement du premier responsable de la commune est tout sauf un acte de courtoisie. Il s’agit du signal fort d’une réconciliation amorcée, voire d’un pacte de non-agression, avec le candidat de plus en plus incontournable à la présidence du Nasria : Meziane Ighil.

Quand la mairie barrait la route à Ighil !

Pour comprendre toute la portée politique de cette soirée, il faut impérativement rembobiner le fil de l’histoire récente du club. La saison dernière, Meziane Ighil avait déjà manifesté sa ferme intention de revenir aux affaires du club. Un club qu’il connaît par cœur pour l’avoir présidé au début des années 2000, à l’époque faste où le groupe El Khalifa injectait des fonds massifs en tant que principal bailleur de fonds du Nasria. Fort de son aura internationale et de son passé de technicien respecté, Ighil pensait pouvoir initier le changement.

Pourtant, une solide fin de non-recevoir lui avait été opposée. A l’époque, les verrous institutionnels s’étaient refermés devant lui. Le président de l’APC, Benyahia, avait pesé de tout son poids pour lui barrer la route, préférant accorder sa confiance et maintenir en place le président Yacine Hanied. Un choix défendu à l’époque au nom d’une certaine stabilité, mais qui s’est avéré, au fil des mois, être une impasse sportive et financière pour le NAHD, aujourd’hui englué dans l’antichambre de l’élite.

Le réalisme politique de Benyahia face au front uni du Nasria

Qu’est-ce qui a donc fait changer d’avis le premier magistrat de la commune ? Le réalisme politique, tout simplement. En se rendant en personne à cette réunion aux côtés des icônes du club comme Zemmouri, Guenoun, Benzekri, Boudissa et Bira, le maire s’est rendu à l’évidence : le statu quo n’est plus tenable et le projet Hanied est arrivé à son terme avec sa démission attendue lors de l’AGEx du 3 juin.

Adel Benyahia a surtout compris qu’il ne pouvait plus faire barrage à Meziane Ighil. Ce dernier ne revient pas en loup solitaire ; il porte désormais le costume de l’homme providentiel et bénéficie d’une unanimité sacrée. Autour de sa candidature s’est cristallisé le soutien indéfectible des anciens dirigeants, des techniciens respectés, mais aussi et surtout de la rue husseindéenne. Les supporters, fatigués des promesses non tenues et de la stagnation en Ligue 2, réclament à cor et à cri le retour d’un homme à poigne capable de redonner au NAHD son lustre d’antan. Face à cette union sacrée, bloquer Ighil s’apparentait pour la mairie à un suicide politique local.

Dans les quartiers d’Hussein-Dey et autour du complexe sportif, la question est sur toutes les lèvres : cette fois-ci sera-t-elle enfin la bonne pour Meziane Ighil ? Tous les voyants semblent passer au vert. L’obstacle municipal étant en passe d’être levé grâce à cette médiation des sages, le boulevard semble tracé pour l’ancien sélectionneur national.

O. Y.

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