Lekjaâ veut la tête de Veron Mosengo-Omba
Souvenez-vous. A un moment donné, la CAN-2023, qui s’est déroulée en Côte d’Ivoire, était menacée car les infrastructures n’étaient pas tout à fait prêtes. Du côté de la Confédération africaine de football (CAF), certains voyaient bien l’Algérie prendre le relais sachant qu’elle venait d’organiser le CHAN-2022 avec maîtrise. Parmi eux, il y avait Veron Mosengo-Omba, secrétaire général de la CAF, qui avait eu des discussions avec la Fédération algérienne de football (FAF) pour savoir si notre pays pouvait prendre le relais. Et cette démarche pourrait lui coûter le poste. En effet, une enquête interne (qui ne concerne pas sa relation avec l’Algérie, il faut le préciser) a été ouverte à l’encontre du Congolais.
Par Mohamed Touileb
On le sait tous. Au sein de la CAF, le clanisme et la course au pouvoir ont toujours existé. Tout le monde cherche à avoir de l’influence pour s’en servir plus tard comme soft power ou faire tout simplement des affaires.
Pendant le CHAN-2022, on a clairement vu que Veron Mosengo-Omba s’était sensiblement rapproché des décideurs en Algérie. Il y avait une proximité palpable. D’ailleurs, le 2e homme de la hiérarchie cafienne avait même conçu que notre pays prenne le relais des Ivoiriens pour parer à un éventuel renoncement à abriter la CAN-2023 par ces derniers.
« Tentative de sabotage » et « rapports sans preuves »
Il s’était même renseigné sur l’avancement des travaux au stade Mustapha-Tchaker (Blida) pour que la liste des stades homologués à l’époque soit complète. C’est pour dire qu’il était prêt à favoriser le dossier Dz qui n’était déposé que pour les CAN-2025 et 2027 avant que les autorités ne décident de retirer la candidature après avoir su que le Maroc avait déjà « tué le game » grâce au lobbying de Faouzi Lekjaâ et son poids au sein du Comité Exécutif (ComEx) de la CAF qui décide directement de l’identité du pays hôte. Quelques temps après, on apprend que Veron Mosengo-Omba fait l’objet d’une enquête sur un « environnement stressant, contraire à l’éthique et non professionnel au sein de l’administration de la CAF » avec des « cas répétés de langage inapproprié de la part du secrétariat général de l’instance envers ses assistants ». Le bras droit de Patrice Motsepe, patron de la CAF, nie en bloc ces accusations. Sur la plateforme X (ex-Twitter), il a écrit : « Mes efforts pour redresser et régulariser cette institution non respectée par le passé font l’objet d’une tentative de sabotage au travers d’un rapport sorti de nulle part contenant des griefs sans preuves documentées. L’enquête indépendante démontrera sa fausseté et son origine. »
Affaire morale
De son côté, Motsepe a rappelé, jeudi dernier, qu’« à la CAF, il y a une tolérance zéro pour la corruption ou la violation des règles de gouvernance interne, des règles d’audit et de transparence ou pour la violation des statuts et règlements de la CAF et de la FIFA (…) ». Le Sud-Africain assure que la structure continentale compte faire appel à « un des cabinets internationaux d’avocats les plus respectés ou un cabinet d’audit de renommée internationale pour enquêter sur les allégations de violation des règlements internes d’audit et de gouvernance de la CAF et soumettre ensuite un rapport au Comité Exécutif de la CAF ». Il s’agit donc d’une affaire morale qui sera probablement difficile à prouver. Mais on doute fort que Lekjaâ et son clan feront tout pour couper la tête à Veron Mosengo-Omba. On se souvient tous de cette bagarre entre les joueurs des Léopards et ceux des Lions de l’Atlas lors de la CAN-2023. En marge de cet épisode, la relation entre les deux hommes se serait sensiblement détériorée. Affaire à suivre.
M.T.
