25 mai 2026

Les dirigeants lancent un cri du cœur

Le NA Hussein-Dey traverse ces derniers mois, une zone de très fortes turbulences. Réunis récemment pour faire le point sur l’état du club, les dirigeants ont dressé un constat alarmant, notamment sur le plan financier. Malgré les efforts consentis depuis le début de la saison, la trésorerie demeure dans une situation critique, au point de menacer directement la stabilité sportive et administrative de l’équipe.

Par Omar Yahiaoui  

Sur le plan financier, le tableau est sombre. Hormis la subvention de l’APC, aucun autre apport n’est entré dans les caisses du club. Pis encore, le compte bancaire du NAHD est actuellement bloqué, empêchant toute opération régulière. Dans ces conditions, le fonctionnement quotidien du club repose presque exclusivement sur les sacrifices personnels des dirigeants, qui prennent en charge, de leurs propres deniers, la majorité des dépenses. Logistique, transport, mises au vert, primes et salaires des joueurs, rémunération du staff technique et des administrateurs : tout est assuré grâce à des contributions individuelles. Une situation intenable sur le long terme, qui pèse lourdement sur les responsables du club, tant sur le plan financier que moral.

Des sacrifices ignorés, une pression devenue pesante

Au-delà des difficultés matérielles, c’est le climat autour de l’équipe qui inquiète le plus certains dirigeants. Une partie des supporteurs n’hésite plus à s’en prendre violemment à l’encadrement après le moindre faux pas de l’équipe. Des insultes et des critiques répétées qui alimentent un sentiment d’ingratitude chez ceux qui se battent au quotidien pour maintenir le club à flot.

«Si Chalabi rate un face-à-face, c’est à nous d’encaisser, et c’est nous qui sommes visés», confie un dirigeant, amer, s’interrogeant sur la manière dont certains jugent la situation, comme si les responsables devaient eux-mêmes «entrer sur le terrain pour marquer». Pour lui, et pour plusieurs membres de l’administration, cette pression permanente fait abstraction de tous les sacrifices consentis depuis des mois pour préserver l’équilibre du club. Le message des dirigeants est clair : si tous aspirent à voir le NAHD accéder et retrouver son rang, chacun doit contribuer à sa manière. Pas nécessairement par des moyens financiers, mais au minimum par le soutien moral, la patience et l’encouragement. «Aider, même par le silence, vaut mieux que freiner par la critique», résume un autre responsable.

Le stage et le recrutement sérieusement menacés

Conséquence directe de cette crise financière : plusieurs projets sportifs sont désormais remis en question. Le stage de préparation, pourtant jugé indispensable par le staff technique pour aborder la suite de la saison dans de bonnes conditions, n’est plus garanti. Les caisses étant vides, l’organisation de ce regroupement dépendra d’un éventuel soutien externe qui tarde à se concrétiser.

Le dossier du recrutement est également en suspens. Alors que la direction sportive avait ciblé certains profils pour renforcer l’effectif, les discussions risquent de rester lettre morte faute de moyens. Dans un championnat où la moindre faiblesse se paie cher, l’impossibilité de se renforcer constitue un handicap sérieux pour la suite du parcours.

Entre lassitude et sens du devoir

Face à cette accumulation de contraintes, certains dirigeants n’excluent plus l’idée de se retirer. Non pas par manque d’attachement au club, mais par épuisement moral et financier. Continuer à assumer seuls la survie du NAHD, tout en essuyant critiques et attaques, devient de plus en plus difficile. Pour autant, la majorité d’entre eux demeure animée par un profond sens du devoir. Ils ont jusqu’ici continué à renflouer les caisses de leur propre poche, conscients des responsabilités qui leur incombent. Mais ils estiment désormais qu’il est indispensable de bénéficier d’un minimum de soutien et, surtout, de ne pas voir leur travail entravé par des tensions internes ou une hostilité injustifiée.

O.Y.

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