26 mai 2026

Les murs s’effritent à la CAF

On l’a déjà relevé sur ce même espace. La CAN 2025, jouée au Maroc du 21 décembre au 18 janvier dernier et remportée par le Sénégal, va laisser des traces. Notamment au niveau de la Confédération africaine de football (CAF) où les scissions deviennent – de plus en plus – béantes. La dernière réunion du Comité exécutif à Dar Es-Salem vendredi en est la preuve formelle.

Par Mohamed Touileb

Les canaux de communication semblent de plus en plus bouchés entre certains présidents de fédérations africaines et les décideurs à la CAF. Les incidents ayant émaillé la finale de la CAN 2025 et toutes les anomalies qui ont précédé cette ultime explication entre les Sénégalais et les Marocains ont manifestement fait déborder le vase.

La CAN 2027 peut être un dommage collatéral

La colère était telle que les tensions n’ont pas encore baissé près d’un mois après la clôture du tournoi et la consécration des « Lions de la Téranga » emmenés par Sadio Mané. Alors que la CAF veut se tourner vers la CAN 2027 qui se tiendra dans moins d’un an et demi dans une organisation conjointe entre l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie, il y a clairement du vacarme qui peut venir tout perturber.

D’ailleurs, les rumeurs d’un report de l’épreuve sont persistantes. Quand bien même Patrice Motsepe, président de la CAF, a tenté de faire bonne figure et se montrer rassurant au terme de la réunion du ComEx de la CAF vendredi à Dar es-Salem. « La CAN de l’année prochaine au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda va être un énorme succès. J’ai une immense confiance dans le fait que nous réussirons. Y aura-t-il des défis ? Il y en a toujours. J’espère que personne ne me posera aussi cette question, à savoir si la CAN va être retirée ou si elle se tiendra bien au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda », a balayé Le Sud-Africain au terme d’une réunion qu’on dit houleuse.

Motsepe seul face aux torts de ses « soutiens »

Le successeur d’Ahmad Ahmad était manifestement nerveux. Cela était normal car certains membres n’ont pas hésité à le charger en parlant de l’arbitrage. Il y a même des présidents de fédérations assez influentes qui ont manifesté leurs désaccords sur certains modes opératoires comme la désignation des arbitres qui a constamment alimenté la polémique lors des dernières années.

Parmi les plaignants, il y avait l’Algérien Walid Sadi, qui a assisté via visioconférence, mais aussi l’Egyptien Hany Abou Rida, le Sénégalais Augustin Senghor, l’Ivoirien Yacine Idriss Diallo et l’incontournable Samuel Eto’o (Cameroun). Le ras-le-bol est commun. Et il est manifesté par des membres qui peuvent constituer un contrepoids pour engager un bras de fer avec ceux qui sont aux commandes. En tout cas, une chose est sûre : Motsepe est de plus en plus isolé. D’ailleurs, Fouzi Lekjaâ, son vice-président, tout comme Mosengo-Omba Veron, secrétaire général, qui n’ont pas assisté à cette réunion électrique. L’odeur du pourrissement n’est pas loin.

M.T.

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