
Le processus de reprise du NAHD par Athmane Sahbane entre dans une phase cruciale, celle de l’inévitable vérité des chiffres. L’ancien patron de l’USM Alger, pressenti pour prendre les rênes du Nasria, a récemment affiché une fermeté absolue lors de ses discussions avec le président démissionnaire du club, Yacine Hanied. Pas question de s’engager à l’aveugle : Sahbane exige une transparence totale sur l’état financier du club avant de poser officiellement ses valises.
Après avoir minutieusement étudié les derniers bilans comptables du NAHD, Athmane Sahbane a tenu à mettre les points sur les «i» avec Hanied. Le message est on ne peut plus clair : le futur repreneur veut une visibilité totale et exhaustive sur l’ensemble des chèques actuellement en circulation dans la nature. Pour Sahbane, il est hors de question de démarrer ce projet de reconstruction en étant exposé à de mauvaises surprises ou à des créances imprévues qui surgiraient au milieu de la saison. Connaître le montant exact et l’origine de chaque centime de dette est une condition sine qua non pour l’investisseur. En agissant ainsi, Sahbane cherche à cartographier précisément le passif du club pour mieux planifier ses futurs investissements.
Dettes des dirigeants, pas de signature à l’aveugle
L’autre grand point de friction de ces discussions de coulisses concerne les dettes dites «privées», contractées auprès des anciens dirigeants, et qui s’élèveraient à près de dix milliards de centimes. Si Yacine Hanied souhaitait obtenir des garanties écrites immédiates et la signature d’un protocole d’accord rigide pour le remboursement de cette somme, il s’est heurté au refus catégorique de Sahbane.
L’ancien président du Conseil d’Administration de l’USMA s’est montré intraitable : pas de signature précipitée. Sahbane a toutefois tenu à rassurer ses interlocuteurs en affirmant que les dettes des dirigeants seraient bel et bien réglées, mais uniquement par échéances programmées, à l’amiable et selon un calendrier compatible avec la santé financière du club. Une manière habile de ne pas se lier les mains juridiquement dès le départ tout en maintenant la porte ouverte au dialogue.
Priorité absolue : Lever l’interdiction de recrutement
Pour Athmane Sahbane, la feuille de route financière obéit à une hiérarchie stricte et pragmatique. L’argent qui sera injecté en priorité servira à honorer les dettes publiques, les factures en souffrance auprès des prestataires privés (hôtels, restaurants) et, surtout, le lourd dossier de la Chambre de Résolution des Litiges (CRL). C’est là que réside le véritable nerf de la guerre. L’objectif prioritaire de Sahbane est de solder les contentieux avec la CRL afin de lever définitivement l’interdiction de recrutement qui pèse sur le NAHD. Tant que ce verrou réglementaire n’aura pas sauter, le chantier du mercato ne pourra pas être officiellement lancé. Or, pour jouer l’accession en Ligue 1 Mobilis dès la saison prochaine, le Nasria a un besoin vital de sang neuf. En fixant ces priorités, Sahbane prouve qu’il est déjà aux commandes du calendrier opérationnel, imposant sa rigueur et sa méthode avant même la tenue de l’AG Ex.
O.Y.
