Alors que le Nasria traverse une zone de fortes turbulences, l’avenir administratif du club s’inscrit en pointillés. Yacine Hanied, le président démissionnaire, refuse de céder le témoin sans conditions.
Par Omar Yahiaoui
En campant sur sa position de ne convoquer l’Assemblée générale extraordinaire (AGEX) qu’après avoir négocié le remboursement des dettes qu’il réclame, il instaure un véritable filtrage des candidatures, quitte à bloquer les initiatives de reprise, y compris celles menées par des figures historiques comme Chaâbane Merzekane ou Meziane Ighil.
Le chantage aux bilans et le blocage de l’AGEX
La crise managériale qui secoue le NA Hussein-Dey vient de franchir un nouveau cap dans l’enlisement. Officiellement démissionnaire, Yacine Hanied n’entend pas pour autant quitter le navire par la petite porte et, surtout pas, les poches vides. Le boss du Nasria campe fermement sur ses positions : pas d’Assemblée générale extraordinaire (AGEX) tant qu’un successeur crédible ne s’est pas assis à la table des négociations pour régler la délicate question des dettes cumulées.
Hanied exige le remboursement des investissements personnels qu’il affirme avoir engagés durant son mandat. Pour s’assurer de garder la main sur le processus, la direction actuelle utilise une arme administrative redoutable : la rétention des bilans comptables. Récemment, un investisseur potentiel a manifesté son intérêt pour le club en demandant officiellement à éplucher les comptes des deux derniers exercices. La réponse du président sortant a été catégorique : une fin de non-recevoir pure et simple opposée à l’émissaire envoyé par cet investisseur.
La stratégie du «filtre » : négocier d’abord, postuler ensuite
Pour Yacine Hanied, il n’est pas question de laisser les clés du club au premier venu sans garanties financières. Le président démissionnaire exige une rencontre en tête-à-tête avec ce repreneur mystère. L’objectif affiché est clair : négocier de gré à gré le rééchelonnement ou le rachat de la dette du club à son profit.
Cette feuille de route, Hanied l’avait déjà tracée sans détours lors de la dernière Assemblée générale ordinaire (AGO). Il y avait dicté ses conditions, expliquant que tout prétendant au trône du NAHD devait impérativement passer par lui. Le piège réglementaire est d’ailleurs bien ficelé : pour pouvoir postuler à la présidence, tout candidat externe a besoin d’une dérogation spéciale pour être intégré en tant que membre d’honneur de l’AG. Sans le feu vert de l’équipe en place, impossible d’obtenir ce précieux sésame. Une stratégie de filtrage qui permet à la direction de barrer la route aux repreneurs jugés « hostiles » et de ne valider que les profils qui arrangent ses propres intérêts financiers.
Même les légendes du club se heurtent au mur de la direction
Preuve que le verrouillage est total, même les figures les plus respectées de l’histoire du Nasria se cassent les dents sur ce système. L’ancien joueur emblématique du club et ex-international algérien, Chaâbane Merzekane, est lui aussi entré dans la danse. Soucieux de l’avenir de son club de cœur, Merzekane a tenté par ses propres canaux de se procurer les bilans comptables des deux dernières saisons.
L’ancien défenseur des Verts s’active en coulisses, que ce soit pour porter sa propre candidature ou pour structurer et soutenir le dossier d’une personnalité d’envergure, prête à s’engager dans la bataille pour la présidence. Mais à l’instar des autres investisseurs, le blocage reste entier. En privant les potentiels sauveurs de la visibilité financière nécessaire sur l’état réel des caisses, la direction actuelle prend le risque de décourager les meilleures volontés. Pendant ce temps, le NAHD reste pris en otage par des calculs financiers, alors que l’urgence sportive sur le terrain exigerait une transition rapide et sereine.
O. Y.
