Une demi-finale de coupe nationale sans public, c’est un fait rare. Pour ne pas dire inexistant. Et, comme en Algérie le ridicule et l’aberrant ne tuent pas, la Fédération algérienne de football (FAF) a décidé de faire jouer le choc, prévu le 23 avril prochain, entre le MC Alger et le CS Constantine sans public… pour des raisons de « sécurité ». La mesure est radicale face aux risques de débordements. Ah oui ! On a oublié l’autre décision sans fondement qu’est de faire jouer la partie à l’Ouest (stade Miloud-Hadefi d’Oran) alors que les deux protagonistes sont du Centre et de l’Est. Et ça ne peut qu’interloquer. Inévitablement.
Par Mohamed Touileb
On y croyait. Vraiment. A voir comment la FAF a fait du tirage au sort des demi-finales la Coupe d’Algérie un événement en réunissant les présidents des 4 clubs (MC Alger, USM Alger, CR Belouizdad et CS Constantine) qui constituent le carré d’as. On croyait donc que les demies allaient être une véritable « fête » du football pour mieux vendre la balle ronde algérienne et lui donner une belle image. Cependant, au lieu de réconcilier et rapprocher (comme ils l’ont laissé croire d’apparence), les responsables de l’instance fédérale ont pris une décision incompréhensible et qui ne fera qu’accentuer certaines tensions.
La chose et son contraire
Pourtant, dans un communiqué posté jeudi sur le site officiel, la FAF notait que « le président de la Fédération algérienne de Football Monsieur Walid SADI a réuni le mercredi 18 avril 2024 au siège de la fédération, les présidents des clubs qualifiés aux demi-finales de la Coupe d’Algérie Mobilis 2024. Et ce, pour les sensibiliser à déployer davantage d’efforts pour promouvoir l’esprit sportif, le fair-play et le respect, pour que cette compétition populaire demeure une fête pour le football national et reflète une image positive de notre discipline ». Aussi, la FAF assurait que « le président de la FAF a encouragé à cet effet, les présidents de clubs à initier des actions concrètes d’apaisement parmi les supporters et faire face au phénomène de violence totalement étranger aux valeurs du sport ». De la poudre aux yeux puisque c’est la structure fédérale qui a pris, toute seule, le taureau par les cornes.
Domiciliation à l’Ouest !
Si le derby CR Belouizdad – USM Alger ne présente pas d’anomalies puisqu’ il se jouera à Alger (stade Nelson-Mandela), l’explication entre Mouloudéens et les « Sanafir » a été domiciliée à l’Ouest. Au stade Miloud-Hadefi (Oran) plus exactement. Sachant que les Constantinois et les Oranais ont des antécédents et que la présence des supporters du CSC pouvait dégénérer à tout moment, il n’était clairement pas judicieux de choisir El Bahia pour être le théâtre de ce choc. Certains diront que les inconditionnels du team algérois ne blairent pas ceux de la capitale de l’Antique Cirta. Sauf que les deux dernières retrouvailles entre les deux équipes se sont passées sans qu’il y ait de débordements graves à signaler.
Incapable de sécuriser un match ?
Cependant, la FAF n’en a cure et a trouvé un étrange remède en décidant que le ticket pour la finale de Dame Coupe soit disputé devant des gradins vides (il n’y aura donc aucune entrée d’argent de billetterie pour les deux clubs et la wilaya) d’un nouvel antre qui a coûté des centaines de millions d’euros mais sonnera creux. La coquille de gestion est vide. Et la prétention dépasse les capacités à bien organiser une partie de football. Aujourd’hui, on en est au stade où les dossiers « sensibles » sont juste rangés sans vraiment être traités. L’incohérence est que l’Algérie voulait être hôte de la CAN-2025 ou 2027. Avec tous les défis sécuritaires que cela pouvait représenter. A voir comment le CHAN-2023 s’était bien déroulé, on suppose que c’est plus une question de volonté que d’incapacité à assurer la sécurité d’un match national. Le « bon débarras » est – plus que jamais – un recours systématique ou disons « systémique ».