Un match, de la rivalité mais aussi un rappel de la fraternité et de la solidarité qui liaient les deux pays il y a des années. Le football est venu déterrer la proximité et le passé colonial de l’Algérie et la RD Congo (ex-Zaïre entre 1971 et 1997) qui ont combattu pour la même cause avant de se retrouver à s’expliquer pour le même billet menant en 1/4 de finale de la CAN 2025. Patrice Lumumba s’est érigé, par une réincarnation dans les gradins, telle une statue donnant l’impression que le temps se figeait et les liens se retissaient. Rétrospective historique.
On le voit constamment en tribunes lors des matchs des Léopards. Debout, la main droite levée vers le ciel tel un salut. Un citoyen de la RDC, du nom de Michel Kuka Mboladinga, qui rend hommage à Patrice Lumumba, personnalité incontournable du Congo indépendant et figure historique de la libération de ce pays dont il était le tout premier Premier Ministre après l’indépendance du Congo belge en 1960.
Un ami du FLN et de l’Algérie
Deux ans après, l’Algérie était, à son tour, un État souverain au terme de sa Guerre de Libération qui a mis fin à une occupation de la France qui a duré près d’un siècle et demi. Entretemps, Lumumba, qui avait fourni des armes à l’armée du Front de la Libération Nationale (FLN) de son vivant avait quitté ce monde liquidé et dissout dans de l’acide. Mais l’homme avait déjà laissé une trace indélébile.
Ce personnage symbole de l’anticolonialisme entretenait une relation étroite avec les responsables du FLN en Algérie. Après l’indépendance algérienne, des places et des rues à Alger, Oran et Béjaïa portent son nom. Mais ce n’est pas tout. Son assassinat, commis par les « siens » sur injonctions américaines, a donné lieu à de nombreuses théories du complot.
Lumumba fera partie du décor
On dit même que la mort, en 1969, de l’un de ses bourreaux, à savoir Moïse Tchombé, est suspecte. Ce dernier, ancien responsable katangais et considéré comme allié de l’Occident, était – selon les versions officielles – mort d’une crise cardiaque en exil à Alger. En effet, feu Houari Boumediene, président algérien à l’époque, l’avait assigné à résidence surveillée sur demande congolaise pour trahison et en solidarité avec la révolution africaine. Ce chapitre entre l’Algérie et la RD Congo scellait aussi une histoire commune et une indissociabilité qui traverse le temps et les époques pour ressortir au premier plan. Soixante ans plus tard, nous avions rendez-vous avec l’adversité et le « chacun pour soi » du sport-roi. Mais, quelque part, l’ombre de Lumumba a plané sur les débats avec son sosie qui était perché dans les travées du stade Moulay Hassan de Rabat. L’amitié entre l’Algérie et la RDC a fait partie du décor.
M.T.
