Le déplacement du NA Hussein-Dey à Mostaganem pour y défier le WA Mostaganem n’avait, sur le papier, que peu d’enjeu comptable pour la course à l’élite. Distancé mathématiquement de la montée en Ligue 1 Mobilis et hors de portée des places qualificatives pour d’éventuels play-offs, le club d’Hussein-Dey semblait condamné à terminer l’exercice dans l’anonymat du ventre mou. Pourtant, le football possède cette magie capable de transformer un match de fin de saison en une véritable démonstration de caractère.
Par Omar Yahiaoui
En s’imposant au forceps face au WAM, les coéquipiers de Mohamed Naâmani ont prouvé que l’ADN du Nasria, fait de combativité et de résilience, est toujours bien vivant. La rencontre n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille pour les Algérois. Durant une grande partie du match, le NAHD a subi la loi des locaux, peinant à imposer son rythme et finissant par concéder l’ouverture du score. Mais là où beaucoup auraient baissé les bras, les protégés d’Aziz Abbas ont puisé dans leurs ressources mentales pour renverser la vapeur dans un « money-time » étourdissant.
Les dix dernières minutes de la rencontre resteront comme le tournant de ce déplacement. En égalisant d’abord suite à une erreur du portier adverse, puis en prenant l’avantage définitif dans les ultimes instants, le NAHD a fait preuve d’un réalisme chirurgical. Cette capacité à se transcender dans l’adversité témoigne d’une personnalité retrouvée sur le terrain, loin de la fébrilité qui a coûté tant de points précieux au club durant le cœur de l’hiver.
Le coaching gagnant d’Aziz Abbas : Une leçon de lecture tactique
Si les joueurs sont les acteurs du succès, l’architecte de cette victoire à Mostaganem se nomme sans conteste Aziz Abbas. Le technicien, qui signait là son deuxième succès de rang après celui obtenu face au MCS, a fait étalage de toute sa science tactique. Ses choix de remplacements ont été déterminants, apportant le second souffle nécessaire pour déstabiliser le bloc adverse.
L’incorporation de Yacef et Touahria en seconde période a injecté une dose d’agressivité offensive et de percussion qui manquait cruellement au onze de départ. Yacef, en renard des surfaces, a su être là où il fallait pour relancer l’espoir, tandis que Touahria a harcelé la défense du WAM par ses appels incessants.
Le coup de génie d’Abbas est intervenu lors du dernier quart d’heure. En faisant entrer Adel Amaouche pour stabiliser une arrière-garde qui avait souffert, il a permis de libérer Mohamed Naâmani de ses tâches purement défensives. En demandant à son roc défensif de monter aux avant-postes pour peser sur la défense fatiguée du WAM, Abbas a joué son va-tout. Un pari payant puisque c’est Naâmani lui-même qui, après avoir été passeur, s’est mué en buteur pour offrir les trois points aux siens.
Une remontée symbolique et des objectifs redéfinis
Grâce à cette victoire, le NAHD réalise une opération comptable intéressante en grimpant à la septième place du classement, doublant au passage son adversaire du jour. Certes, les supporters nourrissent d’éternels regrets : avec une telle détermination affichée plus tôt dans la saison, le club ne serait sans doute pas en train de jouer pour les places d’honneur. L’absence prolongée de cadres comme Naâmani ou Amaouche pour des raisons diverses a pesé lourd dans la balance au moment où le club jouait sa survie pour l’accession.
Toutefois, Aziz Abbas reste fidèle à sa ligne de conduite. S’il sait que le podium est désormais inatteignable, il n’en démord pas : le NAHD doit terminer au plus haut possible, idéalement au pied du podium. Ce « finish » n’est pas qu’une question destatistiques, c’est une question de dignité pour l’un des clubs historiques du pays. Terminer la saison en boulet de canon permettrait de préparer l’exercice suivant sous de meilleurs auspices et de réconcilier durablement le public avec son équipe.
O. Y.
