Comme tout footballeur, Riyad Mahrez a ses fans et ses détracteurs. Depuis qu’il a quitté Manchester City, et même quand il y jouait, certains lui reprochaient d’être lent et lourd et d’avoir perdu sa qualité de dribble. En revanche, ces dernières années, ce qui a pu perdurer chez lui, c’est sa maîtrise technique. Son toucher de balle est tout simplement exceptionnel. Sur un contrôle orienté, une passe, il peut prendre toute une défense à revers. Ce week-end, il nous l’a prouvé encore une fois. Et c’était un instant magique.
Par Mohamed Touileb
Après près de 12 années avec l’équipe nationale, Riyad Mahrez est tout proche de raccrocher avec la sélection. Son départ est prévu pour l’après Coupe du Monde 2026 que l’Algérie disputera l’été prochain (11 juin – 19 juillet) aux Etats-Unis, Canada et Mexique. Après deux échecs pour se qualifier au Mondial en 2018 et en 2022, l’EN est parvenue à valider son billet pour le rendez-vous planétaire cette fois en figurant parmi les 9 sélections africaines ayant validé leur billet à la CDM aux Amériques. En attendant la RD Congo qui disputera un ultime barrage intercontinental en mars prochain au Mexique dans l’espoir d’arracher une 10e place pour la zone CAF.
Son offrande à Kessié est d’un autre monde
Mahrez sera donc certain de disputer la prestigieuse compétition avec « El-Khadra ». Lui qui était déjà lors de l’épopée brésilienne en 2014 sous les ordres de Vahid Halilhodzic qui avait parvenu à qualifier l’Algérie au second tour pour la toute première fois de son histoire. A l’époque, Mahrez n’était pas vraiment encore un joueur de première catégorie. Il évoluait à Leicester City (D2 anglaise).
Malgré cela, il avait été titularisé pour la première sortie marquée par un revers (2-1) face à la Belgique. Pour la suite du tournoi, il n’a plus disputé la moindre minute. Cette fois, le gaucher est un choix principal sur le côté droit avec 111 capes au compteur en plus d’être devenu deuxième meilleur buteur (37 pions) des Guerriers du Désert derrière Islam Slimani (46) et le passeur historique avec 39 offrandes.
D’ailleurs, en parlant de passe décisive, sa dernière signée avec Al Ahli Saudi FC vendredi contre Al Shabab FC était tout bonnement incroyable. Elle était venue rappeler que même sans aller vite, Mahrez peut disloquer une arrière-garde en un mouvement. Et ce n’est pas Franck Kessié, que le natif de Sarcelles a magnifiquement assisté, qui osera dire le contraire.
Ne pas faire la même gaffe qu’avec Ziani
L’Ivoirien n’a tout simplement pas compris comment son coéquipier, pourtant complètement dos au jeu, était parvenu à le mettre sur une orbite avec une déviation aussi astucieuse que délicieuse. Le dosage, la rotation de la cheville et la précision de la zone qui a donné une trajectoire profonde à la sphère étaient juste incroyables.
Mahrez, qui a comme une faculté de faire figer le temps sur certaines séquences, est un maître en « assistance ». Un virtuose. Et, ça, certains doivent en avoir conscience au lieu de chercher à le faire sortir par la petite porte après tout ce qu’il a accompli de grand. L’erreur faite avec Karim Ziani, ancien capitaine emblématique qui n’a même pas eu droit à une dernière à la hauteur de sa carrière avec les Verts, ne doit pas se reproduire. Surtout que les deux joueurs en question ont toujours été exemplaires et investis avec la sélection.
M. T.
