2 juin 2026

Malgré la décision du TAS de ne pas suspendre la finale

Sadi et la FAF n’ont pas vraiment bu… le TAS

L’USM Alger ne sera pas rétablie -immédiatement- dans ses droits. Le Tribunal arbitral du Sport (TAS) de Lausanne (Suisse) a décidé de ne pas suspendre la finale de la Coupe de la Confédération CAF, dont le match « aller » se tiendra ce soir (20h00), entre le Zamalek SC (Egypte) et la RS Berkane (Maroc). La plainte, concernant le maillot des Marocains (adversaire des Usmistes lors de la demie), déposée par la Fédération algérienne de football (FAF) et l’USM Alger auprès du TAS, n’a pas abouti… sur le plan sportif. Cependant, l’essentiel est ailleurs pour les parties algériennes. Détails.

Par Mohamed Touileb

Pas d’arrêt suspensif donc pour la finale que les Usmistes ne pourront pas disputer pour la 2e année de suite afin de défendre leur couronne. L’avant-dernière étape face aux Berkanis a tourné au vinaigre et un match juridico-sportif qui risque de ressembler à un long feuilleton avec un verdict final qui ne tombera pas de sitôt.

Un rejet… sur la forme

A ce sujet, on rappellera que les Algériens n’ont pas pu disputer les deux manches, que ce soit celle à Alger ou celle à Oujda, parce que la RSB avait décidé d’évoluer avec un maillot portant la carte du Maroc « engloutissant » le territoire libre du Sahara Occidental. Une annexion qui n’avait pas à être affichée sur une tunique sportive car elle renvoyait à un message politique. Une pratique qui ne devait pas avoir de place dans une compétition sportive.

Dans la forme, le club algérois devait avoir gain de cause. Mais la procédure est plus complexe que cela. Surtout qu’il y a une finale à jouer, un calendrier et des engagements à respecter de la part de la Confédération africaine de football (CAF) vis-à-vis les sponsors et les diffuseurs de la compétition. En considérant ces aspects, le TAS a informé, vendredi, les plaignants, à savoir la FAF et la direction des Rouge et Noir, du « rejet de la requête aux fins de mesures provisionnelles ».

Une procédure qui risque de durer

Cette décision de la présidente de la chambre arbitrale d’appel, qui a statué vendredi à huis clos, intervient dans la foulée de celle rendue par cette même chambre d’appel un peu moins de 24 heures avant la demi-finale « retour » de la Coupe de la Confédération CAF. Cette mesure non-suspensive a clairement des raisons qui dépassent l’aspect purement juridique.

En effet, le TAS ne peut pas statuer dans l’immédiat concernant la régularité du maillot de Berkane. Le fait que la CAF a voulu se défendre et se prémunir de voir sa complicité mise à nu, contraint l’instance juridictionnelle à constituer un jury. Cette procédure risque de prendre plusieurs semaines. Dès lors, laisser la finale en suspens devenait contre-indiqué car le TAS doit considérer plusieurs aspects et ne pas entraver le bon déroulement de l’épreuve sans raison manifeste. Il devient donc inenvisageable de tout suspendre.

Des sanctions à venir mais…

Sportivement, l’USM Alger perd gros. La CAF peut même prononcer des sanctions financières immédiates comme le stipule la réglementation sachant que les Algériens ont « boycotté » la rencontre. Ainsi, il est stipulé dans le paragraphe « Forfait, disqualification et renonciation de jouer », qu’« un forfait déclaré par une équipe après s’être qualifiée pour les matches des quarts de finale et de la demi-finale entraîne outre la perte du droit d’entrée une amende de cinquante mille (50 000) dollars US ».

Par ailleurs, ces « sanctions pécuniaires », valables pour « toute équipe déclarant forfait au cours de la compétition après l’établissement du calendrier », peuvent être aggravées par une « interdiction de participation à toutes les compétitions interclubs de la CAF pour les deux prochaines éditions qui suivent l’édition de son forfait » comme noté dans les alinéas 8 et 10 dans l’ordre. C’est ce que les gars de Soustara encourent pour le moment. Mais, on peut -d’ores et déjà- assurer que ces sanctions ne devraient pas être appliquées. Et même si elles sont décidées, elles peuvent être annulées pour plus tard par le TAS compte tenu du bien-fondé de la contestation Dz.

Une bataille perdue mais pas la guerre

A présent, il s’agira, pour la FAF et le board des Unionistes, de poursuivre la bataille juridique menée à l’encontre de la RS Berkane mais -surtout- la CAF qui a causé tout ce tort avec une application sélective du règlement et des sanctions abusives.

Beaucoup peuvent penser que Sadi a perdu la guerre. Mais il s’agit d’une bataille avec des dimensions et des paramètres qui dépassent le sport. La CAF et la RSB peuvent être déclarées « coupables » dans les mois à venir. Le gain de cause, qui est très probable, pour l’USM Alger devrait mettre fin à des pratiques louches et complices d’une CAF clairement prise en otage par les Marocains. Au grand dam du football et de ses valeurs.

M.T.

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