25 mai 2026

Maroc, le royaume de l’illusion

C’est une mesure pour le moins absurde. Jamais un champion d’Afrique n’a été «décrété» par le passé. La finale de la CAN 2025 s’est jouée sur le terrain et a vu le Sénégal s’imposer contre le Maroc (1-0), chez lui, après prolongation. Sauf que les prolongations en Afrique semblent pouvoir durer 2 mois. C’est le temps entre la finale et le revirement, sans fondement et sans raison, décidé par le Jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF) de déposséder les Sénégalais de leur couronne et l’attribuer aux Marocains (victoire sur tapis vert 3-0). L’absurde n’a pas de limite tout comme l’influence de FouziLekjaâ, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), mais aussi vice-président de la CAF. Le conflit d’intérêt est évident. Tout comme la vassalisation du commandement.

Par Mohamed Touileb

Le communiqué de la CAF pour expliquer sa décision était inique. On peut sentir, à des kilomètres à la ronde, qu’il y a des forces obscures qui contrôlent la balle ronde en Afrique. D’ailleurs, même Claude Le Roy, qui a passé le gros de sa carrière d’entraîneur sur le continent, n’a pas mâché ses mots pour commenter cette réattribution du trophée la qualifiant tout simplement de «guignolesque».

« Pitoyable pour l’image de l’Afrique »

Pour Le Roy, il y a un responsable principal de cette mascarade. C’est Gianni Infantino, président de la FIFA. D’après le technicien français, «en Afrique, il (Infantino) se permet tout. Je pense que derrière tout ça, il y a plein de magouilles, plein de tambouilles, on est en pleine période électorale, donc on peut voir un peu tout ce qui se passe, pour décider que le Maroc est champion». L’ex-driver du Cameroun assure que «tout cela n’est pas terminé, le Sénégal rentrera dans ses droits à la fin de cette histoire. Mais c’est pitoyable pour l’image que donne encore la Confédération africaine de football».

En effet, la Fédération sénégalaise de football (FSF) compte bien défendre son bien auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne (Suisse). Les chances de la voir rétablie dans ses droits sont conséquentes. En effet, on parle d’une partie qui est allée à son terme sans que l’arbitre du match, Jean-Jacques Ndala (RD Congo), mentionne le motif d’abandon sur son rapport. A partir de là, le résultat technique devient incontestable.

La finale étant allée au bout, l’article 82 n’est pas applicable

De plus l’article 82 du règlement de la compétition, que la CAF a considéré comme ancrage juridique à sa décision, stipule qu’«une équipe qui refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire sans l’autorisation de l’arbitre est déclarée perdante. Cette équipe est également éliminée de la compétition et s’expose à des sanctions». Or, les protégés de Pape Thiaw étaient revenus sur la pelouse avant que le délai des 15 minutes, qui conférait au referee de siffler la fin du match, n’expire. Dès lors, cette finale, qui avait repris après un arrêt momentané de 12 minutes, ne pouvait pas tomber sous le coup de cet alinéa.

Le TAS, saisi par la FSF, devrait considérer cela pour rendre la décision du jury disciplinaire de la CAF nulle et nonavenue. Pour rappel, la structure footballistique continentale a déjà été déboutée par le passé dans l’affaire du maillot ayant opposé la RS Berkane et l’USM Alger. Sauf que cette fois, la gifle que la CAF devrait recevoir risque d’exposer les magouilles qui se passent dans la structure confédérale au grand monde. On appelle cela les prémices du pourrissement.

M.T.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *