« MCA-CRB s’est joué sur l’engagement, la motivation, la volonté et l’envie de gagner. Le CRB était meilleur »
« Le MCA a dominé le championnat de bout en bout. La différence en coupe, c’est que ça se joue sur un match »
« Les matchs arrangés ? Il faudrait vraiment que la FAF applique les règlements et sévisse fermement »
« L’équipe nationale a besoin de stabilité et de tranquillité, mais surtout de régularité »
« La JSK est entre les mains de ses enfants. A eux de prouver maintenant leur engagement et leurs compétences »
Kamel Mouassa n’est plus à présenter, cependant, rappelons qu’il a entraîné environ dix-huit clubs durant plus de quarante années de métier, comme entraîneur de football. Parmi ces clubs, certains sont revenus au-devant de la scène, ces derniers temps, mais avec des fortunes diverses. Notamment le MCA, champion en titre, le CRB victorieux en coupe, une JSK de retour au champ de bataille, et l’USMA qui a raté sa saison. L’enfant de Guelma analyse dans cet entretien plusieurs faits et différents thèmes, en toute franchise et en toute sincérité. Dans la foulée, le Doyen des entraîneurs algériens en activité donne son point de vue personnel sur l’équipe nationale.
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Le 5 juillet dernier, le CRB accrochait sa 9e étoile aux dépens du Mouloudia d’Alger. Comment avez-vous trouvé les deux équipes ?
D’abord, c’est une très belle affiche, un grand derby algérois entre deux équipes qui se connaissent très bien. Parmi les clubs les plus titrés dans cette épreuve ! Toutes les conditions étaient donc réunies pour célébrer comme il se doit l’anniversaire de notre indépendance, et assister à une grande finale, qui s’est jouée aussi dans les tribunes. Tout était parfait, y compris le fair-play entre les deux galeries.
On a vu un match très serré et fermé, mais les joueurs du CRB étaient plus volontaires que ceux du Mouloudia. Tout d’abord, parce qu’ils devaient sauver leur saison, une équipe quatre fois championne de suite n’avait pas le droit d’en sortir les mains vides. Ç’aurait été un échec total ! Le Mouloudia était également motivé par le doublé, mais il n’a pas joué avec sa grinta habituelle. Ça s’est joué sur l’engagement, la motivation, la volonté et l’envie de gagner.
Le CRB était dos au mur. La différence s’est faite sur un duel gagné. Le jeu était concentré au milieu de terrain, et le rythme n’était pas élevé. L’équipe qui a osé le plus a fini par l’emporter. Le CRB a été meilleur.
Le Mouloudia s’en sort bien avec un 8e sacre de champion d’Algérie…
C’est vrai qu’en championnat, le Mouloudia a été l’équipe la plus régulière, que ce soit les prestations ou la stratégie de jeu, ce qui lui a permis d’enchaîner les résultats positifs. Dans l’ensemble, le MCA a dominé le championnat de bout en bout. La différence en coupe, c’est que ça se joue sur un match. Le Mouloudia a fait un parcours sans faute, il y avait un bon état d’esprit, une bonne ambiance, l’équipe la plus régulière du championnat. Ils ont gagné le titre pratiquement dès la phase aller. Ils ont su faire la différence au bon moment.
Qu’est-ce qui a fait que le CRB a reculé cette saison ?
On ne peut pas être champion à tous les coups. Quatre fois champion avec pratiquement la même ossature, il leur fallait ce fléchissement pour repartir du bon pied.
Même l’USMA a déçu…
C’est dommage, l’USMA d’Alger a fait une excellente saison 2022-2023. Tout le monde les attendaient cette année pour le titre, mais il y a eu cette cassure qui a tout faussé. Voilà, quand on parle de stabilité et de continuité. C’est dommage…
Que ce soit l’arbitrage, la programmation, le niveau des joueurs, et même les magouilles, quel bilan faites-vous de la saison passée ?
On a tous entendu parler de matchs combinés, de résultats truqués, on a tous vu comment le championnat s’est terminé. Maintenant, pour ce qui est de l’arbitrage, la plupart des équipes se sont plaintes des comportements des arbitres. Ce qui a provoqué le retour de la violence.
Figurez-vous que certains connaissaient les résultats des rencontres avant même qu’elles ne se jouent. Le problème se situe au niveau de l’application des règlements, il faudrait que l’actuelle FAF sévisse fermement.
C’est une première saison pour le nouveau Bureau fédéral, qui aura donc l’occasion de juger et de voir le comportement de tous les acteurs du football, dirigeants, joueurs, arbitres,…
Pour ce qui est du niveau, il y a avait du bon et du moins bon. C’est toujours le CRB, le Mouloudia, l’Entente, l’USMA et le CSC, les habitués qui animent le championnat. Là où il y a une certaine stabilité, le reste, il suit la locomotive. Voilà.
L’ Algérie affrontera, pour le compte des matchs de qualification à la CAN 2025, la Guinée équatoriale, le Togo et le Liberia. Le groupe aurait pu être plus relevé, n’est-ce pas ?
Il n’y a plus de groupes faibles et il n’y a plus d’équipes faibles. Il y a eu beaucoup de surprises. Pendant que nous sommes en train de parler du passé, il y a des équipes qui avancent à grands pas. Nous avons quand-même une bonne génération de footballeurs, ils ont besoin de stabilité, de calme et de tranquillité. C’est l’Algérie qui doit faire peur aux équipes qui composent notre groupe, pas le contraire.
Avant ces matchs, quel est votre jugement sur l’EN ?
Pour ce qui est de l’actuel staff technique national, on ne peut pas le juger maintenant. Petkovic a besoin de temps. Je pense qu’il a eu l’occasion d’évaluer tous les joueurs.Maintenant, il a une meilleure connaissance de son effectif. Et le temps, en football, il ne pardonne pas. Nous avons des échéances où nous n’avons pas droit à l’erreur.
Vous avez cité tout à l’heure le MCA, l’USMA, le CRB, l’ESS et le CSC. La saison prochaine, un autre club devrait s’inviter à la course au titre, c’est la JS Kabylie. Que pensez-vous de la nouvelle équipe dirigeante ?
Pour moi, ce n’est pas une nouvelle équipe et ce ne sont pas de nouveaux dirigeants. Tous ces joueurs qui sont revenus, connaissent tous la maison. Ils ont connu les meilleurs et les pires moments de la JSK. Du moment qu’ils ont accepté cette lourde mission, ils savent d’où vient le mal. Donc j’espère qu’ils auront la faculté de trouver des solutions, pour que la JSK retrouve sa stabilité et sa sérénité. Et pourquoi pas, rejouer encore pour le titre. La composante actuelle qui dirige la JSK a connu les mêmes problèmes, ils connaissent la maison. D’autant plus qu’ils ont de grands moyens, avec Mobilis. Maintenant, comme on dit, la balle est dans leur camp. C’est maintenant à eux de montrer leur engagement et leurs compétences sur le terrain.
Avant de se quitter, dites-nous comment va l’USM Annaba ?
C’est vrai que j’ai passé deux saisons très difficiles avec l’USM Annaba. C’est un club qui a trop été perturbé. N’oubliez pas qu’il était endetté de 17 milliards ! On a passé deux saisons sans avoir le droit de recruter. Mais Hamdoullah, l’équipe est toujours en Division 2. Maintenant que l’USMAn a assaini ses dettes, elle peut recruter de bons joueurs et, pourquoi pas, jouer la carte de l’accession en Ligue 1. Pour ce qui me concerne, s’il y a un club ambitieux avec des objectifs, pourquoi pas ? Je suis toujours là pour relever les défis.
Entretien réalisé par Nasser Souidi
