Malgré la défaite concédée à domicile face à une formation jouant sa survie, en l’occurrence le GC Mascara, la direction du NA Hussein Dey a décidé de renouveler sa confiance à son entraîneur intérimaire Mohamed Zemouli, qui poursuivra donc sa mission à la tête de l’équipe première. Une décision qui peut surprendre au premier abord, au regard des résultats décevants et d’une saison largement en deçà des ambitions affichées, mais qui s’explique en réalité par un ensemble de contraintes difficiles à contourner.
La défaite face au GC Mascara, une équipe concernée par la lutte pour le maintien, a laissé des traces aussi bien sur le plan sportif que moral. Les supporters espéraient une réaction d’orgueil et une victoire permettant de sauver l’essentiel dans une saison déjà compromise. Or, ce revers a confirmé les limites actuelles de l’équipe, incapable d’imposer son jeu et de faire la différence, même à domicile. Pour autant, la direction n’a pas souhaité céder à la pression et procéder à un changement sur le banc, surtout qu’elle a déjà consommé trois entraîneurs.
La contrainte financière, facteur déterminant
Le premier obstacle à une mise à l’écart de Mohamed Zemouli est d’ordre financier. Le club traverse une situation économique délicate, marquée par un manque criant de moyens. Résilier le contrat de l’actuel entraîneur pour en engager un autre impliquerait des charges supplémentaires que la trésorerie du club ne peut tout simplement pas assumer. Dans ce contexte, les dirigeants estiment qu’ils n’ont pas d’autre choix que de maintenir la stabilité, même relative, au niveau de la barre technique.
Au-delà de l’aspect financier, la direction est consciente qu’aucun entraîneur expérimenté n’accepterait aujourd’hui de prendre les commandes d’une équipe en difficulté, sans réels objectifs sportifs à court terme. Le premier but assigné en début de saison, à savoir jouer l’accession ou, à défaut, terminer sur le podium pour disputer les play-off, n’est désormais plus d’actualité. Cette perte d’enjeu sportif rend la mission particulièrement risquée et peu attractive, voire « casse-cou », dans un environnement marqué par la pression des résultats et l’exigence historique du club.
Dans ces conditions, Mohamed Zemouli apparaît comme une solution par défaut, mais aussi comme un choix assumé par la direction, qui préfère miser sur la continuité plutôt que sur une fuite en avant. Les dirigeants considèrent que l’entraîneur connaît bien le groupe, ses forces comme ses nombreuses insuffisances, et qu’un changement à ce stade de la saison risquerait davantage de perturber l’équipe que de provoquer un réel électrochoc.
L’option interne toujours sur la table
Parallèlement, une solution interne reste néanmoins à l’étude pour l’avenir. Plusieurs voix au sein du club plaident avec insistance en faveur du coach des U16, Walid Kadri, qui réalise un travail remarquable avec cette catégorie. Les résultats exceptionnels obtenus par les jeunes témoignent de ses compétences et de sa capacité à bâtir un collectif compétitif. Kadri n’est d’ailleurs pas étranger au quotidien de l’équipe première. Présent régulièrement lors des matchs des seniors au stade Benrabah, il accompagne ses jeunes joueurs, souvent mobilisés comme ramasseurs de balle. Cette proximité lui permet d’avoir une lecture claire du jeu de l’équipe première, d’en cerner les lacunes et d’identifier les aspects à améliorer, ce qui pourrait faciliter une éventuelle transition.
O.Y.
