12 mai 2026

Oughidni : «J’aurais pu donner tellement plus si on m’avait fait confiance plus tôt»

Longtemps cantonné au rôle de spectateur sur le banc de touche, Anis Oughidni est la révélation de cette fin de saison chez les Sang et Or. Profitant du retrait des séniors pour grève, le jeune attaquant pur jus du Nasria a enfin pu fouler la pelouse. Le bilan est sans appel : deux buts en seulement quatre apparitions. Un ratio qui laisse des regrets au vu de l’efficacité offensive qui a cruellement manqué au club durant l’exercice. Entre fierté, frustration et analyse lucide de la crise au NAHD, Oughidni se confie sans détour sur sa situation et son avenir.

Entretien réalisé par Omar Yahiaoui

Comment vous vous sentez après avoir réussi à inscrire deux buts en seulement quatre matchs joués pour cette fin de saison ?

Je ressens une immense fierté, mais c’est un sentiment partagé avec une pointe de frustration. Marquer pour son club de cœur, celui où j’ai grandi, est toujours spécial. Cependant, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurais pu marquer bien plus si j’avais bénéficié d’autres chances dès l’entame de la saison. Maintenant, on ne peut pas refaire le monde. Je me contente de ce que j’ai accompli et je savoure chaque minute passée sur le terrain sous les couleurs du NAHD.

Vous considèrez donc que vous aurez pu faire mieux sans cette marginalisation subie durant la majeure partie de l’année…

Sincèrement, je ne comprends toujours pas pourquoi la chance ne m’a pas été donnée plus tôt. Si l’on compare mes statistiques en deux matchs avec celles de certains attaquants qui ont joué toute la saison, le constat est flagrant. Certains n’ont pas inscrit le moindre but malgré un temps de jeu conséquent. Les différents staffs techniques qui se sont succédé au club avaient pris leurs décisions, je les ai respectées, mais le terrain a fini par parler en ma faveur.

Sur un plan collectif, le NAHD n’a réussi à décrocher ni l’accession, ni même une place qualificative pour les play-offs. Selon vous, quelles sont les raisons de cet échec ?

Pour moi, la raison principale est l’absence totale de stabilité au sein de l’équipe. C’est difficile de construire quelque chose de solide quand vous voyez défiler quatre entraîneurs différents en une seule saison. Chaque coach vient avec sa méthode et sa vision, et ce changement permanent n’encourageait vraiment pas à réaliser une grande saison.

Pensez-vous que l’instabilité technique soit la seule responsable de cette situation ?

Non, il y a eu d’autres facteurs. Le changement fréquent de domiciliation a beaucoup pesé. Nous avons commencé au stade du 20-Août, puis nous avons déménagé à Dar El Beïda, avant de revenir à nouveau au 20-Août. Pour un groupe, ne pas avoir de repères fixes sur son propre terrain est très déstabilisant.

Pourtant, en observant le niveau global du championnat cette année, beaucoup pensent que le NAHD avait largement la place pour faire mieux…

C’est tout à fait vrai. Je reste convaincu que nous disposions du meilleur effectif de tout le groupe Centre-Ouest. Techniquement et individuellement, nous étions au-dessus. Sincèrement, sans ces facteurs extra-sportifs et ce manque de stabilité, nous aurions pu prétendre sans problème à l’accession en Ligue 1. C’est un immense gâchis.

Pour finir, qu’en est-il de votre avenir personnel ? Vous verra-t-on encore sous le maillot husseindéen la saison prochaine ?

Pour le moment, je n’ai pris aucune décision définitive. Mon attachement au club est réel, mais je reste ouvert à toutes les propositions. Je vais étudier attentivement les offres qui se présenteront à moi avant de trancher sur la suite de ma carrière.

O. Y.

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