8 juin 2026
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Petkovic, c’est signé !

Un accord de principe était trouvé depuis mars dernier mais la signature a un peu tardé. Hier, à quelques heures du départ des Fennecs vers Kansas City (Etats-Unis) pour disputer la Coupe du Monde 2026, Vladimir Petkovic, sélectionneur national, a apposé sa signature sur un nouveau bail qui devrait le lier à la FAF jusqu’au 31 juillet 2028. L’instance a opté pour la stabilité de la barre technique avant d’entamer la messe planétaire. La démarche est tout aussi judicieuse que risquée.

Par Mohamed Touileb

Dans le communiqué pour annoncer que Petkovic rempile sur le banc des Verts, la FAF se réjouit de pouvoir assurer la continuité au niveau de la barre technique. « La FAF se félicite de cette continuité à la tête de la sélection nationale, synonyme de stabilité et d’ambition pour les prochaines échéances internationales », peut-on lire sur le site officiel de la structure de la balle ronde du pays.

La FAF s’en tient au bilan comptable

Walid Sadi, président de la FAF et ministre des Sports, semble convaincu que le successeur de Djamel Belmadi demeure la personne indiquée pour driver « El-Khadra » lors des échéances à venir. A commencer par les éliminatoires de la CAN 2027 qui débuteront dans la foulée du Mondial 2026 soit dès septembre prochain.

En arguments de la démarche, la FAF a sorti le bilan global de Petkovic depuis qu’il a commencé sa mission en mars 2024 en reprenant une sélection qui restait sur une cuisante élimination dès le premier tour de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire. « Nommé à la tête de l’Équipe nationale le 29 février 2024, le technicien suisse a enregistré des résultats remarquables depuis son arrivée. En 28 rencontres disputées sous sa direction, les Verts ont remporté 21 victoires, concédé 4 matchs nuls et subi seulement 3 défaites, avec un total de 67 buts inscrits contre 22 encaissés », détaille la FAF.

Le pari reste risqué

Bien évidemment, le fait marquant lors de cette première partie de la collaboration était cette qualification en Coupe du Monde que les Guerriers du Désert retrouvent après deux éditions (2018 et 2022) d’absence. Aussi, il y a eu cette présence dans le « Final 8 » de la CAN 2025 au Maroc. En plus de ces parcours concrets, la FAF met l’accent sur la progression de l’EN au classement FIFA en rappelant que « l’Algérie occupait la 43e place mondiale et le 7e rang africain », à l’arrivée de Petkovic et qu’« aujourd’hui, les Verts pointent à la 28e place mondiale et à la 4e position continentale .» Loin de ces considérations, le fait est que la FAF reconduit Petkovic avant de voir le parcours des camarades de Riyad Mahrez à la CDM. Cela peut être risqué car si jamais l’équipe nationale fait un bide footballistique, il sera difficile de maintenir le technicien en poste car son départ sera réclamé. Surtout qu’il ne fait déjà pas vraiment l’unanimité chez les supporters malgré les résultats cités plus haut.

Eviter le scénario Halilhodzic avec 15 000 euros

Selon nos informations, il n’y a aucune clause qui permettrait de le résilier dans le cas où Ibrahim Maza &cie se loupent lors de la compétition quadriennale. En revanche, dans le nouvel avenant, la FAF exige au coach d’atteindre le carré d’as au minimum lors de la CAN 2027 qui devrait se jouer l’été prochain. Dans ce cas-là, elle aura le droit de mettre fin à la collaboration… si la responsabilité du Suisso-Bosnien est engagée dans l’échec.

En d’autres termes, la FAF pourrait estimer que des aléas africains et des conditions « peu favorables » soient derrière un mauvais parcours. Le verdict pur des résultats ne sera, et c’est paradoxal car c’était le motif même de sa prolongation, donc pas le seul repère dans le verdict. Il est évident que cette procédure de la FAF est à double-tranchant. Si jamais l’Algérie réussit sa Coupe du Monde, Sadi aura réalisé la meilleure des opérations en prolongeant Petkovic avec une revalorisation de 15 000 euros (il passe de 135 000 à 150 000 euros/mois). Ainsi, il aura évité de tomber dans le même scénario que celui de VahidHalilhodzic en 2014 et que l’entraîneur soit en position de force pour faire des exigences salariales très élevées. En revanche, dans le cas où l’aventure tourne mal, le coup de poker serait raté. Cela reste à voir.

M.T.

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