Pour aborder les deux prochaines sorties amicales avec l’équipe nationale contre le Rwanda (05 juin) et la Suède (10 juin), Vladimir Petkovic n’a pas voulu intégrer de nouveaux éléments. Certes on ne s’attendait pas à ce qu’il fasse tourner largement. Mais aller jusqu’à verrouiller complètement ses plans pour voir quelques nouveaux à l’œuvre…
Par Mohamed Touileb
Tout prêtait à faire quelques essais. Jusque-là, on avait compris que Petkovic ne faisait pas trop dans l’expérimental car 10 de ses 12 sorties étaient toutes officielles (éliminatoires de la CAN-2025 et la Coupe du Monde 2026) et il devait prendre un maximum de points en faisant jouer des valeurs sûres.
Les attendus restent à quai
Arrive donc cette date FIFA de juin dans laquelle les Verts vont affronter le Rwanda dans 3 jours au stade Hamlaoui (Constantine) puis la Suède le 10 du mois en cours à Stockholm. Il est vrai que la deuxième sortie représente un examen assez sérieux qui devrait renseigner sur la véritable progression des Fennecs depuis le départ, en janvier 2024, de Djamel Belmadi après la deuxième CAN ratée avec une seconde élimination de suite dès le premier tour. On peut donc, dans une certaine mesure, comprendre que Petkovic prenne les choses très au sérieux et qu’il préfère se reposer sur les certitudes d’un côté.
Après, il y a ce premier duel face à un adversaire (très) faible sur le papier et qui devait permettre d’essayer des éléments qui n’ont pas souvent joué ou d’autres qui méritaient peut-être d’avoir une opportunité après ce qu’ils ont montré sur la saison comme les Boulbina, Titraoui, Dorval ou même Mahious devant.
Des changements… dans la liste élargie
Sauf que Petkovic n’a pas trop l’air de vouloir donner d’espoirs à ces joueurs en les appelant juste pour une fenêtre internationale avant de revenir à ses standards de convocation habituels avec le retour aux choses sérieuses et la poursuite de la campagne qualificative au Mondial 2026. Pour justifier cette démarche, le chef de la barre technique de l’EN a livré certains arguments superficiels se basant plus sur des aspects de faculté d’intégration et d’état de psychologie plutôt que la performance pure. Tout en expliquant que « j’ai 40 joueurs dans la liste élargie et il y a eu beaucoup de changements par rapport au mois de mars ». Sauf que personne n’a concrètement vu ces « changements ».
Tant que ça gagne…
Les exemples sont concrets car Bentaleb et Zerrouki ont pris la place d’un Titraoui qui pouvait ambitionner d’être appelé. Bounedjah aurait pu laisser place à Mahious qui brille avec le CR Belouizdad et Dorval était censé figurer parmi les latéraux droits. Mais il a vu Petkovic lui préférer Atal et Kévin Guitoun Van Den Kerkhof. La justification du Bosnien est qu’il voulait soutenir Guitoun après son retour au premier plan ces dernières semaines avec le FC Metz qui a signé un retour en Ligue 1 française après être passé par les barrages. Pas l’explication la plus recevable.
Même chose avec Anthony Mandréa dont la relégation en D3 avec le SM Caen n’a pas eu d’incidence sur sa présence dans la liste finale. Après, pour les portiers, ça reste spécifique car, par le passé, il y avait un Raïs M’Bolhi qui gardait la cage de la sélection même quand il était sans club. Est-ce de la stabilité ? Est-ce de l’immobilisme ? Chacun son avis. Cependant, tant que ça gagne, personne ne peut reprocher à Petkovic d’avoir tort. « On a créé les conditions pour être dans une situation de favoris pour se qualifier à la Coupe du Monde. C’est pour ça que je ne veux pas trop changer mon groupe de joueurs », c’est l’explication la plus recevable de Petkovic. On ne peut que la prendre en considération car jouer le Mondial reste l’objectif principal.
M. T.
