La CAN 2027 a déjà qui l’accueillir. En effet, l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya ont été désignés comme co-hôtes de ce rendez-vous qui devrait se tenir dans un an et demi avec le retour au mode estival pour le tournoi. Cependant, la CAN 2029, avancée à 2028 selon le dernier calendrier élaboré, sous les pressions et selon les intérêts de la FIFA de Gianni Infantino, par la Confédération africaine de football (CAF), s’écrit au conditionnel. D’ailleurs, cette impression que la CAF soit devenue une succursale de la FIFA irrite en interne. Et, comme on l’a déjà relevé, des scissions réelles se créent depuis la CAN 2025 et cela pourrait déteindre directement sur la séquence 2029. Détails.
Par Mohamed Touileb
Le plan de secours était déjà prêt pour la CAF qui comptait sur la «collaboration» du Maroc, pays organisateur de la CAN 2025, pour prendre le relais pour à l’opus 2029 si aucun pays ne se manifeste pour abriter la compétition. Mais bon, cette idée a été brouillée par la désillusion marocaine à la CAN 2025. La perte du trophée en finale contre le Sénégal, alors que tout a été mis en œuvre, voire orchestré, pour que les Lions de l’Atlas règnent sur leur propre territoire, n’était pas vraiment sur la feuille de route. Les protégés de Walid Regragui ont bénéficié de nombreux avantages pour arriver jusqu’à l’ultime étape. Ils ont même eu un penalty généreux à l’ultime minute du temps additionnel qui devait, dans l’absolu, leur offrir la couronne et activer – dans la foulée – la stratégie sur laquelle le trident Infantino – Motsepe – Lekjaâ s’était mis d’accord.
Rapports tendus et rejet
Ainsi, l’idée était que le Maroc, portée par la ferveur et l’euphorie d’avoir reconquis le trône africain, se propose pour «sauver» la CAN 2029 et se placer définitivement comme le pays d’Afrique aux super pouvoirs. Le même qui avait mis la CAN 2015 en péril en raison d’Ebola avant que la Guinée équatoriale, qui l’avait co-organisée en 2012 avec le Gabon, ne vienne secourir la CAF. Aujourd’hui, la posture du Maroc envers l’Afrique n’a pas changé. Pis encore, la condescendance est décuplée au pays de Mohamed VI qui a juré de ne plus s’investir pour «sortir le continent de sa médiocrité». C’est les termes qu’on lit et entend souvent. Il est clair que le camouflet de la CAN 2025 n’a pas que des répercussions sportives pour les rapports entre le Maroc et le reste du continent. Les agissements des représentants marocains, joueurs et staff technique ainsi que Fouzi Lekjaâ, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), ne passent pas. Ce dernier, vice-président de la CAF, a abusé de son poste et a basculé dans des dérives totalitaires.
Un ras-le-bol à la CAF
Mais il s’avère que beaucoup en ont marre de ses pratiques et manipulations. Ce n’est plus du lobbying mais de la dictature sportive que dicte Lekjaâ au sein de la CAF. Un constat appuyé par Abdoulaye Fall, patron de la Fédération sénégalaise de football (FSF), qui a admis que «jamais un pays ne s’était autant opposé au Maroc. Il faut se le dire : ils tiennent tout en main et décident de tout. Parce que ce sont eux qui ont la vice-présidence de la CAF, ils ont les moyens, et beaucoup de pays n’osent pas aller contre leur volonté. Personne n’ose prendre position contre eux.»
Face à ce désamour, on imagine mal le Maroc se proposer pour abriter la CAN 2029 qui a été avancée à 2028 pour permettre la tenue de la Coupe du monde des clubs FIFA 2025 à l’été 2028. Sans l’influence du Maroc, Infantino va certainement perdre sa mainmise sur le pouvoir décisionnel au sein de la CAF. Et c’est la CAN 2029 qui peut être le dommage collatéral.
M.T.
