Avant de devenir le génial joueur qu’il est aujourd’hui, Riyad Mahrez a consenti des sacrifices et fait des choix qui ont construit sa carrière. En 2014, il avait rejoint, à 23 ans, l’Algérie alors qu’il évoluait à Leicester City en seconde division anglaise. A ce moment-là, il ambitionnait déjà de jouer dans un grand club d’Europe. Chose qu’il réalisera plus tard. Mais, comme l’a révélé Nabil Bentaleb dans une interview accordée à Kampo, le succès de Mahrez n’est pas un simple exemple de réussite. C’est aussi un message aux binationaux qui pensent que choisir les Verts peut être un frein pour leur carrière.
Par Mohamed Touileb
Du second palier de la balle ronde en Angleterre aux sommets de l’Europe, Riyad Mahrez a signé une ascension fulgurante. Comme en sélection, il a su attendre son heure pour aller frapper aux portes de la gloire. Aujourd’hui, il a un palmarès impressionnant dans lequel il compte notamment une CAN (2019) et une Ligue des Champions (2023).
Mahrez y a cru
Cette dernière, il ne l’a pas décrochée avec le FC Barcelone, club qu’il visait en 2014 comme l’indique Nabil Bentaleb : « En 2014, Riyad débarque en sélection. À ce moment-là, il joue en D2 anglaise, à Leicester. Et il balance, tranquille : « Moi, je vais réussir. Un jour, je jouerai au Barça ». Tout le monde rigole. Personne ne le prend au sérieux. Mais lui, il y croit. Il ne doute pas. Il bosse, il ne lâche rien. Quelques années plus tard : champion d’Angleterre, star de la Premier League, Ligue des champions.»
Les moments glorieux de Mahrez ont commencé dès 2016 avec le sacre retentissant en Premier League avec les ‘’Foxes‘’ dans la foulée de leur accession de la Championship. Au terme de cette mémorable saison 2015-2016, il est aussi sacré PFA Player Of The Year (meilleur joueur de la saison) après sa grande contribution dans cet exploit avec 17 buts et 11 passes décisives en 37 matchs. S’en suivra son départ, deux ans plus tard, vers Manchester City coaché par un certain Pep Guardiola, ex-entraîneur du grand Barça duquel rêvait justement Riyad Mahrez. D’une certaine manière, le Dz a atteint son objectif en tapant dans l’œil du technicien espagnol qui a mis près de 69 millions pour s’attacher ses services. A cette époque, c’était une dépense record chez les Skyblues. Et cela renseigne sur la cote atteinte par le capitaine des Fennecs… malgré le fait de n’être qu’un Africain et international algérien brisant tous les clichés à ce sujet.
Un message à Cherki et ses semblables
De plus, on ne peut pas dire que c’est un produit de la formation française malgré le fait qu’il soit Franco-Algérien car Mahrez a eu un parcours atypique n’étant passé par aucun centre dans les catégories jeunes avant d’atterrir dans la réserve du Havre AC en 2010. Et ce détail de nationalité sportive est non-négligeable. D’autant plus que certains binationaux montrent beaucoup de réticences à venir jouer à El-Khadra de peur que cela ait un impact négatif sur leur carrière.
D’ailleurs, Bentaleb l’a bien relevé en soulignant que «Riyad, ce n’est pas juste un joueur. C’est un exemple. Pour tous les Algériens. Pour tous les binationaux qui hésitent. Oui, tu peux viser haut, en jouant avec l’Algérie». Les Cherki et compagnie doivent en prendre de la graine.
M.T.
