L’ambiance était loin d’être sereine ce début de semaine au stade Bensiam. Alors que le coach Aziz Abbas s’attendait à retrouver ses troupes pour entamer la préparation du choc face au CRT, il a dû faire face à un désert de joueurs. Un boycott qui ne dit pas son nom, mais que les coéquipiers de Mouchmouch ont tenté de justifier tant bien que mal auprès d’un staff technique particulièrement remonté.
Le professionnalisme a pris un sacré coup lundi après-midi à Hussein-Dey. Alors que le staff technique, coach Aziz Abbas en tête, était présent sur le terrain bien avant l’heure fatidique, le constat fut amer : le groupe était décimé. Devant l’absence massive des joueurs, l’entraîneur n’a eu d’autre choix que d’annuler la séance, une décision prise avec une amertume non dissimulée. Depuis, les téléphones chauffent et les explications pleuvent, mais elles peinent à convaincre un coach qui mise avant tout sur la rigueur.
Le calvaire d’Adrar mis en avant
La principale ligne de défense des joueurs repose sur le dernier déplacement dans le Sud. Selon plusieurs cadres du vestiaire, la fatigue accumulée lors du voyage à Adrar aurait eu raison de leur capacité de récupération. Les joueurs ont notamment pointé du doigt un incident logistique majeur survenu à l’hôtel avant leur retour.
Privés de chambres pour se reposer en attendant leur vol, les coéquipiers de Mouchmouch auraient passé de longues heures d’attente dans le hall de l’établissement, sans aucune possibilité de s’allonger ou de récupérer convenablement. Avec un décollage prévu à 3h du matin vers Alger, le groupe affirme être rentré physiquement épuisé et mentalement usé, rendant, selon eux, la reprise du lundi après-midi prématurée.
La météo et les bouchons comme boucliers
Pour ceux qui n’ont pas invoqué la fatigue du Sud, c’est la météo capricieuse d’Alger qui a servi d’excuse. Les fortes chutes de pluie qui se sont abattues sur la capitale et ses environs ont provoqué, il est vrai, des embouteillages monstres sur les principaux axes routiers. Certains joueurs ont ainsi prétexté avoir été bloqués dans leurs véhicules, incapables de rallier le stade Bensiam à temps.
Cependant, cette justification peine à passer auprès de la direction et du staff. Le reproche est simple mais cinglant : pourquoi personne n’a pris la peine de prévenir ? Le manque de communication est le point qui irrite le plus Aziz Abbas. Voir ses adjoints et lui-même attendre sur la pelouse sans aucun message de la part des absents est perçu comme un manque de respect flagrant envers l’institution.
Un staff technique désabusé
Si Mohamed Naâmani a montré la voie du professionnalisme, le reste du groupe semble s’être engouffré dans une brèche disciplinaire qui pourrait coûter cher. Aziz Abbas, connu pour son exigence, ne cache plus sa déception. Pour lui, ces excuses – bien que contenant une part de vérité logistique -ne justifient en rien le fait de mettre le staff devant le fait accompli.
A quelques jours d’une échéance capitale pour le maintien ou la progression au classement, ce retard à l’allumage pourrait laisser des traces. Le coach devra maintenant user de diplomatie, mais aussi de fermeté, pour remettre de l’ordre dans un vestiaire où les justifications de dernière minute ont pris le pas sur l’engagement sur le terrain.
O.Y.
