Il aurait remporté haut la main le titre de meilleur joueur de la saison 2025-2026 si ce challenge avait été mis en jeu par l’instance fédérale. Réda Bendasse, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a grandement contribué au sacre de son équipe, le HBC El-Biar, qui vient d’être sacrée pour la première fois de son histoire, championne d’Algérie. Le joueur, originaire de Mila, possède des qualités extraordinaires qui peuvent déstabiliser n’importe quelle défense adverse et cela s’est avérée juste à chaque fois que Réda mène la cadence dans son poste de prédilection.
Nous l’avons contacté pour nous parler de son nouveau titre de champion d’Algérie, mais aussi du doublé qui reste indéniablement l’objectif prioritaire de son club et du président Belaïd Aït Hocine.
Entretien réalisé par Saïd Lacète
C’est votre premier titre avec El-Biar, mais le deuxième dans votre carrière. Votre sentiment ?
Exactement, j’ai déjà remporté le championnat d’Algérie avec AïnTouta, et là, c’est mon deuxième titre. Il y a de quoi être heureux. Vous savez, quand on est champions d’Algérie, cela ne peut que procurer de la joie à partager avec les coéquipiers de l’équipe et aussi une fierté d’avoir atteint cet objectif. C’est également le fruit d’un travail de deux années car nous l’avions raté la saison écoulée face au même adversaire, mais cette fois-ci, c’est la bonne. Il n’en était pas question de rater ce titre une seconde fois consécutive.
La finale de 2025 est totalement différente de celle de 2026. L’année dernière, El Oued vous a battu sur le fil (17-16), dans un match très serré et aujourd’hui, vous tuez le match presque à la mi-temps avec une avance de huit buts…
La finale du championnat 2025 perdue face à El Oued nous a servi de leçon. Elle s’est jouée durant les derniers instants du match sur des petits détails. Comme je viens de vous le dire, il était inconcevable pour nous de perdre une autre finale du championnat et c’est la raison pour laquelle nous avons très bien négocié nos 60 minutes de jeu en tenant compte de la valeur de notre adversaire qui, il faut le souligner, réussit une excellente saison. Notre but dans cette finale est de distancer l’Olympique El Oued au tableau d’affichage et ne pas le laisser revenir au score. Nous avons réalisé une excellente première mi-temps et nous avons fait la moitié du chemin avec une avance de huit buts. C’est énorme quand on a en face l’équipe d’El Oued. Globalement, au vu de notre parcours cette saison, nous méritons amplement de remporter le championnat d’Algérie.
Quelles sont les équipes que vous avez trouvées capables de vous mettre les bâtons dans les roues, cette année ?
Au niveau de l’Excellence, toutes les équipes se valent. Certaines par leurs individualités et d’autres par leur spirit team. Nous avons respecté toutes les équipes que nous avions croisées tout en tenant compte de celles qui possèdent un palier un peu supérieur à d’autres. A titre d’exemple, je citerais AïnTouta et El Oued qui ne sont plus à présenter tant qu’elles sont deux équipes qui pratiquent un jeu de haute facture et qui jouent le titre chaque année. AïnTouta est déjà deux fois championne du pays, El Oued est champion en 2025 et a été vice-champion en 2024. Donc, ce sont des clubs qu’il faut respecter. Il y a aussi le CRB Mila qui nous a donné du fil à retordre quand on a joué contre cette équipe.
Vous jouez en demi-centre, un poste très important dans un sept sur l’aire de jeu. Comment vous l’entamez surtout lors d’une finale de laquelle se dégagent pression, appréhension et la peur de sortir du jeu ?
Il est vrai que le poste de demi-centre demeure inéluctablement très important, pour un sept en place aussi bien en attaque qu’en défense. Néanmoins, un moment d’inattention peut vous coûter très cher et venir embrouiller toute la concentration que vous mettez là-dessus. Diriger une attaque n’est pas une mince affaire mais grâce au précieux concours de mes coéquipiers avec qui nous formons une osmose plus que parfaite, tout passe comme une lettre à la poste. Il faut dire aussi que je mets en exergue mon expérience pour peaufiner un peu nos tactiques offensives et, Dieu merci, cela paie à chaque fois.
Est-ce que la formule du play-off scindée en trois tournois éreintants vous satisfait ou bien pensez-vous que la FAHB doit réfléchir à une autre formule ?
Moi, personnellement, cette formule du play-off ne me gêne nullement même si elle est très fatigante, notamment lors du 2e tournoi avec trois rencontres au programme en trois jours. Si une équipe possède un amalgame d’effectif de joueurs talentueux et fraîchement aptes à jouer, je pense que cela n’est pas un problème, mais pour des formations moins nanties, c’est un souci. On a vu des équipes amoindries lors du 3e tournoi à cause des blessures et de la fatigue. Maintenant, changer de formule ou non, cela dépend des objectifs à hausser le niveau du handball algérien.
L’année dernière, vous avez raté d’un cheveu le doublé et là encore, vous restez les seuls en course pour le remporter. C’est toujours dans vos cordes ?
Bien sûr! C’était écrit dans nos objectifs en début de saison. Nous avons fait la moitié du parcours. Il nous reste la coupe d’Algérie que nous devons conserver puisque c’est nous qui l’avons remportée la saison écoulée. Le chemin est encore long. Il nous faut deux victoires pour parvenir en finale. On va les négocier rencontre après rencontre.
A commencer par celui de vendredi prochain en quart de finale face au CRB Mila. Un match un peu spécial pour vous ?
Non, pas tout à fait spécial mais ça fait un peu bizarre de jouer contre l’équipe qui vous a formé, l’équipe dans laquelle j’ai fait mes premiers pas. Bon, j’ai déjà affronté Mila en championnat et cela s’est très bien passé. Aujourd’hui, on est professionnel dans ce métier et on doit défendre le maillot que l’on porte.
Un titre de champion d’Algérie, ça se dédie…
D’abord, je le dédie à tous mes coéquipiers qui ont travaillé dur toute une saison pour l’avoir. Ensuite, au staff technique et à nos dirigeants sans oublier ma famille et tous ceux qui ont cru en nous.
S. L.
