Son nom a circulé avant l’arrivée. Désormais, il revient pendant la présence de Vladimir Petkovic sur le banc de l’Algérie. Hervé Renard fascine, grâce à son expérience en Afrique et avec les sélections, de nombreux Algériens qui voient en lui le sélectionneur idéal de l’Algérie. Cependant, voir le Français coacher les Fennecs actuellement a un taux de faisabilité proche du nul pour des raisons bien évidentes et qui n’ont rien à voir avec l’aspect purement sportif ou ses compétences. Explications.
Par Mohamed Touileb
L’Algérie veut se défaire de l’étiquette de dépendance à la France. Certes, elle ouvre toujours ses bras aux Algériens qui ont la double-nationalité dans différents sports. Cela a pour objectif de corriger les anomalies et faire en sorte que de Zidane, on parle de Luca, portent les couleurs vert, blanc et rouge ou des Kylia Nemmour, en gymnastique, troque son juste-au-corps bleu pour celui de son pays d’origine.
En finir avec la « redevabilité » pour la France
Aussi, on voit qu’à la Fédération algérienne de football (FAF), les dossiers des footballeurs franco-algériens ne sont plus trop une priorité et que la prospection se tourne désormais vers d’autres pays comme l’Allemagne où l’on a pu dénicher la pépite Ibrahim Maza, la Norvège où Amin Chiakha a tout de suite dit oui à «El-Khadra», ainsi que la Belgique qui a vu naître et grandi Rafik Belghali.
Bref, actuellement, l’Algérie ne veut pas trop «dealer» avec la France et la venue de Renard signifiera que toute éventuelle performance de l’Equipe nationale risque d’être «appropriée» par les Français qui y verront forcément cette «redevabilité» éternelle de l’Algérie. Quand bien même, historiquement, les deux titres majeurs décrochés par la sélection étaient architecturés par des Algériens à savoir le défunt Abdelhamid Kermali et Djamel Belmadi lors des CAN 1990 et 2019.
Pour revenir à Hervé Renard, on notera qu’il était au chômage depuis avril dernier après que la Fédération saoudienne de football l’avait licencié de son poste. La Tunisie l’a sollicité en pleine Coupe du monde 2026 pour jouer le pompier après le départ de Sabri Lamouchi dans la foulée de la première sortie marquée par une lourde défaite (5 buts à 1) contre la Suède. Sa désignation était donc provisoire et son contrat courait jusqu’à la fin du parcours qui a déjà pris fin.
Choix sensible et décision en haut lieu
Voulant profiter de cette situation et avec les contestations redondantes de certains pour ce qui est de la capacité de Petkovic à sublimer le rendement des Fennecs, des relais font le forcing pour placer Renard aux commandes techniques de l’EN dans la foulée du Mondial 2026. A en oublier que la FAF avait prolongé le Suisso-Bosnien avant le début du tournoi lui offrant deux autres années de contrat.
Cette démarche de maintenir Petkovic est une décision prise en haut lieu. Ce qui démontre la sensibilité de la fonction. Forcément, songer à un Français alors que les relations entre notre pays et celui de Napoléon ne sont pas au beau fixe n’est pas la meilleure des idées ni la plus rationnelle. A la somme de ces éléments, on peut penser que voir Renard débarquer à la place de Petkovic n’est pas d’actualité… même dans le cas où l’actuel entraîneur des «Guerriers du Désert» s’en va.
M.T.
