Petkovic – Belmadi : Les mêmes ingrédients… ou presque
Six matchs pour 4 victoires (dont 3 consécutives), 1 nul et 1 défaite, Vladimir Petkovic présente une courbe intéressante quelques mois seulement après avoir pris les rênes de l’équipe nationale. Beaucoup peuvent penser qu’il a fait une large revue d’effectif. Mais force est de constater que le « squad » est resté, plus ou moins, le même. Du moins, au niveau de la colonne vertébrale.
Par Mohamed Touileb
Certes, il n’y a plus, ou il n’y en avait plus, certains indéboulonnables comme Youcef Belaïli, Islam Slimani ou Riyad Mahrez, qui n’a fait son retour que récemment. Néanmoins, les Bensebaïni, Mandi, Aït-Nouri, Bennacer, Zerrouki, Aouar, Bounedjah, Atal, et d’autres sont toujours là… à quelques nouveautés près.
Une transition, deux stratégie
La transition n’est pas brusques malgré la « brutalité » avec laquelle l’EN a pu péricliter durant la CAN-2023 en Côte d’Ivoire qui avait marqué la séparation soudaine avec Djamel Belmadi alors qu’on pouvait croire qu’il allait rester là jusqu’à la fin des qualifications à la Coupe du Monde 2026 qu’il avait fixée comme objectif suprême pour prétendre avoir tout réalisé avec les Verts après son sacre retentissant à la CAN-2019 loin des bases et avec une épreuve inédite à 24 participants.
L’élimination prématurée, pour la deuxième édition de suite, à l’issue du premier tour du tournoi continental pouvait laisser croire qu’il s’agissait d’un problème d’hommes et que les Fennecs sur lesquels Belmadi comptait étaient arrivés au bout du bout de leurs carrières avec la sélection. On pense à ceux qui ont dépassé la trentaine.
D’ailleurs, dès qu’il a été intronisé, Petkovic a essayé de marquer son territoire en faisant appel à de nouvelles têtes, à l’image du défenseur Madani ou en rappelant Yacine Brahimi tout en lui donnant le brassard de capitaine. C’était une manière de marquer la fin de l’ère Belmadi et annoncer une redistribution des cartes. Mais cela n’a pas duré longtemps puisque le revers (le seul jusqu’à présent depuis que Petkovic est en poste) a obligé l’ancien driver de la Lazio de Rome à reconsidérer certaines décisions.
Terrain glissant
Ainsi, il s’est passé de Brahimi et il a rappelé le capitaine (le vrai) Riyad Mahrez avec qui il avait eu un gros malentendu en raison d’un manque de communication. La période est délicate pour faire table rase. Et Petkovic a pu le comprendre. Il n’a donc pas voulu prendre de risques et a préféré se reposer sur les piliers d’avant vu l’aspect glissant du terrain de construction.
Certes, l’idée de renouveau est là avec des tauliers qui sont vieillissants. Après, l’idée reste de retrouver un certain équilibre qu’El-Khadra a perdu. Aujourd’hui, il y a bien une concurrence au sein de l’EN. On peut le relever avec Jaouen Hadjam qui est revenu au premier plan pour « secouer » Aït-Nouri mais aussi Mohamed Farsi qui vient renforcer un flanc droit de la défense qui présentait une certaine faiblesse et une monotonie avec Youcef Atal qui a été le choix unique à un certain moment.
En définitive, le bilan est là. Pour les 3 derniers matchs, c’est 3 succès de rang avec 2 clean-sheets. La fébrilité est toujours là. Mais la faiblesse constatée ces derniers mois est en train d’être soignée. Les bases sont quasiment les mêmes. Mais il y a bien une chose qui a changé. C’est l’esprit.
M. T.
