25 mai 2026

Sans salaires depuis cinq mois

Alors que la lumière continue de briller sur l’équipe première, une zone d’ombre inquiète et interroge la conscience collective du club : celle de l’encadrement technique des jeunes catégories. 

Par Youcef Mimoune 

Depuis plus de cinq mois, les entraîneurs des jeunes catégories et leur encadrement administratif n’ont pas perçu le moindre salaire. Une situation intenable qui illustre un mal profond dans la gestion du club et la hiérarchisation de ses priorités. En effet, les entraineurs, qui ne font pas de bruit et ne revendiquent pas dans les tribunes, vivent dans une situation de précarité professionnelle depuis plusieurs mois. Aucun salaire ne leur a été versé depuis janvier, alors qu’ils ont continué à encadrer les jeunes avec abnégation, par passion plus que par devoir. Le RCK risque de voir fuir ses compétences techniques, car plusieurs entraîneurs envisagent sérieusement de quitter le club à l’intersaison. D’autant plus que des clubs voisins, mieux structurés et plus transparents sur le plan financier, cherchent à renforcer leurs académies et leurs centres de formation. La situation actuelle pourrait avoir des répercussions à moyen et long terme. En délaissant son école de football, le Raed compromet sa capacité à renouveler son effectif avec des joueurs issus de la formation. Les exemples récents de joueurs talentueux passés par Kouba, mais partis ailleurs faute de perspectives claires, en sont une preuve éclatante…

Les seniors payés au dernier sou à la veille de la phase retour

Deux poids, deux mesures

Au RCK, la saison s’est refermée sur une amère déception et un échec qui pourrait sembler conjoncturel, mais qui prend des allures structurelles à la lumière des choix opérés par la direction du club. Parmi ceux-ci, une décision du président Messani continue de susciter le débat : celle d’avoir procédé à l’assainissement financier de l’équipe première à la veille de la phase retour. Une manœuvre jugée inconcevable, qui aurait paradoxalement tué la motivation du groupe. C’est au mois de janvier que le président koubéen a entrepris de régler l’ensemble des salaires et primes dus aux joueurs de l’équipe première. Cette opération visait à apaiser les tensions et remotiver le vestiaire. Sur le papier, rien à redire mais dans le fond et surtout dans son timing, cette initiative s’est révélée contre-productive. Car très vite, un constat s’est imposé : les joueurs, désormais en position de sécurité, ont perdu cette étincelle combative qui faisait la différence en première partie de saison. On a eu l’impression qu’ils n’avaient plus rien à gagner. Qu’une fois payés, la mission était terminée…

Une équipe démobilisée

Les chiffres sont implacables. En phase retour, le RCK a concédé plusieurs contre-performances face à des adversaires largement à sa portée. Des nuls insipides, quatre défaites d’affilée évitables en déplacement et surtout une incapacité à hausser le ton dans les moments décisifs. L’équipe a semblé sans âme, sans révolte, comme si l’issue du championnat ne les concernait plus réellement. Dans les coulisses, certains avançaient déjà une explication : les joueurs savaient que l’objectif de l’accession n’était plus vital pour la direction. Et surtout, ils étaient convaincus que même en cas d’échec, aucune sanction ni remise en question profonde ne viendrait perturber leur quotidien. L’assainissement financier a donc agi comme une prime à la stabilité… plutôt qu’un levier de performance. De nombreux clubs utilisent au contraire la carotte financière comme moteur : primes d’objectif, versements conditionnés à des résultats ou gratification progressive en cas de montée en puissance. Messani, en réglant tout d’un coup, a désamorcé cette dynamique…

Une direction déconnectée

Le président Messani, en poste depuis bientôt une année, a toujours affirmé son attachement à la formation. Son discours de début de saison évoquait même une «priorité absolue pour les jeunes et leur encadrement». Pourtant, dans les faits, le budget de fonctionnement des catégories jeunes est au point mort. La gestion semble concentrée exclusivement sur l’équipe première et ses résultats immédiats. Le comble, c’est que la direction koubéenne ne bronche pas et continue d’esquiver les entraineurs des jeunes catégories. La preuve, le président et ses collaborateurs ne répondent même pas aux appels des entraineurs et ne prennent aucune peine pour les rassurer. Ce qui est plausible, c’est que le RCK a peut-être perdu son accession le jour même où il a payé ses joueurs. L’assainissement financier aurait pu être un moteur mais il est, malheureusement, devenu un frein. Le président Messani, qui a promis un nouveau souffle pour le Raed, est aujourd’hui face à ses responsabilités. Soit il agit pour rétablir la confiance, régulariser les salaires et relancer une vraie politique de formation, soit il continue d’ignorer le réservoir koubéen…

Y. M.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *