Depuis quatre ans déjà, l’USM Alger évolue loin de son antre historique, le stade Omar Hamadi, fermé en raison de l’état critique de ses tribunes, aujourd’hui plus que jamais menacées d’effondrement. Ce qui n’était au départ qu’une mesure de sécurité temporaire s’est transformé, au fil du temps, en véritable feuilleton mêlant inquiétude, attachement populaire et incertitude administrative.
Par Moussa Maïdi
À l’origine, un projet de rénovation devait permettre de sauver l’enceinte et de la remettre aux normes et le propriétaire de l’USMA, le groupe Serport, était même disposé à y contribuer, en injectant une importante somme d’argent. Les supporters espéraient alors un retour rapide dans ce stade mythique, théâtre de nombreuses pages glorieuses de la formation de Soustara. Mais il y a environ un an, l’APC de Bologhine a jeté un froid en annonçant que la structure était irrécupérable et qu’une démolition est inévitable. Une déclaration qui a profondément choqué les amoureux de l’USMA, pour qui cette enceinte dépasse le simple cadre sportif. Ces derniers jours, la situation a pris une nouvelle ampleur après la circulation d’informations évoquant une décision imminente des autorités : raser le stade pour aménager à sa place un espace vert. La nouvelle s’est propagée à grande vitesse sur les réseaux sociaux, provoquant une levée de boucliers immédiate. Des milliers de supporters ont exprimé leur refus catégorique de voir disparaître ce symbole historique, appelant les responsables à revoir leur position et à privilégier une solution de réhabilitation.
Pour les fans, ce stade ne représente pas seulement le domicile de leur équipe favorite. Il constitue aussi une partie intégrante du patrimoine footballistique national, un lieu chargé de souvenirs, de titres et d’émotions. Sur les réseaux sociaux, anciens joueurs, figures médiatiques et journalistes sportifs ont eux aussi pris la parole pour soutenir cet élan populaire et plaider en faveur d’une restauration plutôt qu’une destruction. La pression monte particulièrement du côté de Bab El-Oued, bastion historique des supporters usmistes, où la colère gronde face à ce qu’ils considèrent comme une décision précipitée.
Il faut dire que les autorités locales se retrouvent désormais dans une position délicate, prises entre deux impératifs contradictoires : d’un côté, le risque réel que représentent des tribunes fragilisées ; de l’autre, la mobilisation populaire grandissante pour préserver cet édifice sportif. L’issue du dossier reste incertaine, mais une chose est sûre : le sort du stade dépasse largement un simple projet urbain. Il touche à l’identité d’un club, à la mémoire collective de ses supporters et à une part de l’histoire du football algérien.
M. M.
