25 mai 2026

Un entraîneur étranger, pour quoi faire ?

La tendance ne donne aucun signe d’inversion, bien au contraire celle-ci s’accentue et semble bien parti désormais pour devenir une constante chez nos clubs dits « pros » (dits et entre guillemets, parce que pour nous ils n’ont rien de pros. Encore mieux, ce ne sont même pas des amateurs). Cette tendance c’est le recrutement d’entraîneurs étrangers. C’est ce qui nous révolte et nous interpelle. Un entraîneur étranger oui, nous sommes pour la mondialisation et l’ouverture de notre pays à l’universalité. Mais, un entraîneur étranger dans nos clubs, c’est pour quoi faire ? That his the question comme disait le Cheikh venu du pays du football.

Par Mustapha Ouaïl

L’été est là, l’intersaison avec, le mercato ouvert, nos clubs dits « pros » entrent dans une course effrénée à la recherche d’un entraîneur. Etranger s’il vous plait. Pas de local. C’est ringard apparemment. Il faut suivre la tendance, l’air du temps. Un étranger dont le patronyme sonne bien fort, à en étourdir les Ultras et toute la tribune. José Manuel Pacheco, Bertrand de la Montagne, Yves Van de Rockenbroeck, Josip Acimovic, Rodrigo Silvinho, etc. Et même si c’est Ahmed El Kaabaoui, Taha Ramadan El Karchi, ça marche. Il faut juste éviter qu’ils s’appellent Abdelkader Amrani, Kamel Mouassa, Mustapha Sbaâ, Mourad Ouardi, Omar Belatoui ou Fouad Bouali. Enfin, pour faire court, éviter un entraîneur algérien. Un étranger, ça endort le supporter le plus teigneux, le plus grincheux, le plus revendicatif, le plus râleur. 

Le président du club : « Vous voulez que je fasse quoi ? Que je rentre jouer à la place des joueurs ? Non, mais oh ! il faut arrêter maintenant. Je vous ai ramené un entraîneur étranger. Qu’est-ce que vous voulez d’autre ? »

Le tour est joué. «Que voulez-vous que je fasse, je vous ai ramené un entraîneur étranger… La pilule passe et monsieur le président est tranquille. 

Et puis, il n’y a pas que ça. Un entraîneur étranger, ça se rémunère en devises, sonnantes et trébuchantes . Sur le sujet, nous n’irons pas jusqu’à nous étaler, mais les mauvaises langues disent que les présidents de club touchent une grosse ristourne en euros, et ce, via les (pseudo) agents qui leur ramènent ces étrangers. Plausible et possible. 

Cette parenthèse fermée, nous allons maintenant faire un tout petit compte de l’apport de ces étrangers à notre football. Des grosses pointures, il y en a eu dans notre championnat. On commencera par Roger Lemerre. Champion du Monde (dans le staff d’Aimé Jacquet) Champion d’Europe (entraîneur principal). Il y a eu aussi, Robert Nouzaret, Roland Courbis, Didier Ollé-Nicol, Hervé Renard, Artur Jorge, Michel Cavalli, Khaled Benyahia, Faouzi Benzarti, etc… Pour ne citer que ceux-là, l’écrasante majorité étant d’illustres inconnus sur la scène footballistique ou des débutants qui sont venus apprendre la coiffure sur la tête de l’orphelin (comme le dit si bien un adage bien de chez nous). 

Tous ces entraîneurs étrangers venus exercer chez nous, qu’ont-ils laissé comme héritage ? Rien ! Walou ! Ici nous ne mettons sur tout pas en doute leur compétence, bien au contraire. Mais il nous parait juste de demander à ces messieurs les présidents de club de nous dire ce qu’ils ont bénéficié de l’apport de ces entraîneurs.

Sur 10 titres continentaux, 9 ont été gagnés par des entraîneur locaux

Le Mouloudia a gagné la Coupe d’Afrique des clubs (aujourd’hui appelée Ligue des champions) avec le défunt Hamid Zouba à la barre technique. Elle avait remporté le triplé cette année-là, avec aami Hamid (Allah yarahmou) comme entraîneur.

La JSK a gagné deux fois ce prestigieux trophée. La première en 1981 avec Mahiedine Khalef et en 1990 avec Ali Fergani. Le club kabyle avait aussi gagné la Coupe des clubs vainqueurs de coupe en 1995, et là, c’était le regretté Djaafar Harouni à la barre. Au tout début des années 2000, la JSK avait fait une razzia sur la Coupe de la Confédération en remportant le trophée trois fois de suite, la première avec le duo Sandjak-Khalef, la deuxième avec Kamel Mouassa et la troisième avec Jean Yves Chay. L’Entente sétifienne est dans le même cas en remportant deux Ligues des Champions avec le maître Mokhtar Aribi (Allah yarahmou) en 1988 et en 2014 avec Kheiredinne Madoui comme entraîneur. C’est dire…

Le CRB version Madar, quatre fois champion d’Algérie de suite n’a jamais pu passer les quarts de finale de la Ligue des Champions d’Afrique, quatre entraîneur étrangers sont recalés à ce stade de la compétition. Et voilà que monsieur Charaf-Eddine s’entête à ramener encore un étranger.

L’USMA qui avait échoué en finale de la Ligue des champions avec Hamdi à la barre technique mais avait réussi l’an dernier à remporter la Coupe de la Confédération et la Super Coupe d’Afrique avec à la barre un staff 100% algérien composé de Abdelhak Benchikha et Farid Zemiti. 

Les chiffres et les statistiques parlent d’eux-mêmes, pas besoin d’en rajouter.

Alors pour clore le sujet, la question reste quand même pendante, à quoi sert un entraîneur étranger ? Pour nous, la réponse est claire : siphonner des devises.

Reste maintenant à savoir ce qu’en pensent ces messieurs présidents de club, obnubilés par le recrutement d’un étranger.

M. O.

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